La tête haute

La tête haute

Cannes 2015 / Sélection officielle / Film d’ouverture

Il est là, le film surprise d’ouverture du festival de Cannes 2015. Pas de grand client américain, mais un solide français, au casting tout aussi séduisant. Emmanuelle Bercot convoque plusieurs générations de comédiens talentueux (Deneuve, Magimel, Sara Forestier et le petit nouveau Rod Paradot) pour une plongée dans la vie tumultueuse et complexe d’un adolescent du Nord. Réalité brute pour un film musclé.

LA TETE HAUTE propose certes un film social, engagé, dans les couloirs judiciaires où se retrouve régulièrement un adolescent à problèmes (contre lui, contre les autres, contre la société), de ses 6 à 17 ans. S’il ne montre pas de vrais signes de résistance à la délinquance, il ne fait pas de réel effort non plus : un cas en équilibre entre vrai méchant et faux gentil, genre caïd de bas niveau encore trop près de sa mère, elle-même peu capable de gérer ses enfants.

Bercot ne fait pas dans la dentelle, livrant 10 ans de vie d’un gamin encore peu mature, pour en montrer toute la violence et la fragilité. On apprécie l’effort, même si le propos a rapidement ses limites. A trop tourner autour de son sujet, la réalisatrice se répète quelque peu et n’arrive pas à multiplier les idées de mise en scène. On conservera un intérêt évident concernant le propos du film, son réalisme et sa plongée dans les centres pour jeunes, où il reste encore des choses à faire.

3 / 5

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