La Part des Anges

La Part des Anges

Délicieux Ken Loach. Non content d’alterner douce chronique sociale, fresque historique (LE VENT SE LEVE) ou comédie (LOOKING FOR ERIC), le voilà nous servant un retour en Ecosse sur fond de délinquants condamnés à des peines légères. L’occasion d’une anti-leçon de morale, pour nous dire qu’après tout l’espoir est permis. Et le whisky aussi.

LA PART DES ANGES nous fait suivre des petites frappes, d’un nouveau père un peu trop violent à une jeune pickpocket agile. Mis au pas des travaux d’intérêts généraux, notre bande de bras cassés rencontre un formateur expert en bon whisky (nous ne sommes pas en Ecosse pour rien), qui les initie avec modération au bon plaisir de la dégustation. Sauf que notre héros, finalement assez adroit pour goûter les bonnes liqueurs et les bons plans, embarque ses camarades dans le vol du siècle, histoire d’assurer leur retraite. Un film qui met du temps à s’installer, à présenter ses personnages, pour une histoire sans trop d’action. Tout juste le vol d’un grand cru ne dure que quelques minutes. Au final Loach veut surtout montrer que ses protagonistes ont beau avoir un casier et des réflexes de rue, ils n’en sont pas moins sympathiques et pleins de bons sentiments. Juste un peu trop habitués à ne pas demander là où ils peuvent se servir facilement…

Mais n’y voyons pas une leçon trop appuyée sur la société. LA PART DES ANGES nous promène dans l’Ecosse d’aujourd’hui, dans une fragilité sociale, entre petits coups et tribunaux, entre ceux qui s’entraident et ceux qui s’ignorent. Finalement, tout cela est très humain et tant mieux. Le talent de Ken Loach est de pouvoir raconter cela sans tomber dans le pathos ou la critique.

3 / 5

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