La meute

La meute

A chaque sortie de film de genre français, on espère voir une nouvelle pièce de qualité dans le grand échiquier du cinéma de genre. Des aspirations de fans ayant été élevés à l’américanisme du domaine, et qui n’a pas eu toujours de bonnes surprises du côté français. On aimerait beaucoup avoir un jour un vrai vivier de films à la française, malheureusement ça n’est toujours pas avec la Meute qu’on avancera.

Pourtant tout commence bien. Emilie Dequenne, jeune rebelle, prend en stop Max, Benjamin Biolay en personne. Ce dernier l’amène à faire une pause en bord de route chez Yolande Moreau, qui n’a pas l’attitude tout à fait honnête d’une tenancière de bar. Forcément, Emilie va fouiller la disparition de Max, pas si innocente non plus… La Meute s’installe à l’instar de Frontière(s) dans une campagne isolée et désertique, aidée par les froids paysages du nord, et offre à une famille dysfonctionnelle une jeune femme en sacrifice. Car derrière les allures de resto route lugubre, Yolande cultive une bande d’ex-mineurs devenus des taupes vivantes se nourrissant de sangs humains. On affronte donc les premières minutes dans un contexte blindé d’un humour plutôt plaisant, aidée par un casting plutôt savoureux (Yolande Moreau extraordinaire de sarcasmes, Biolay pâle comme il faut, Dequenne en jeune héroïne se motivant à survivre…) où les dialogues percutants et le rythme rapide permettait une suite plaisante.

Pourtant la suite s’annonce bien moins construite. Franck Richard, son réalisateur, avoue n’avoir rien réalisé avant, et on ne le blamera pas sur sa réalisation plutôt maladroite. Finalement la Meute n’est toujours la bonne surprise attendue, baissant régulièrement en qualité. De scènes gores annoncées mais jamais montrées, des avancées pas forcément réelles dans l’histoire, des retournements de personnages ou de situations sans réelles compréhensions… La Meute se contente de nous offrir quelques artifices de scènes (explosions…) sur le haut d’une ancienne mine, livrant quelques acteurs portant des masques sans yeux comme méchants du moment. Une belle déception donc, où seul Philippe Nahon parvient à nous faire sourire dans de bons moments, pour un film décapité après un quart d’heure. On aurait aimé plus de constance et d’audaces dans le scénario, et de l’intelligence dans la construction du film, nous héritons d’un film qui tente de parodier les vrais films de genre sans vraiment toucher au but.

Après Mutants, le film de genre à la française ne sait toujours pas profiter des bons exemples pour se réinventer. S’il reste beaucoup à faire, cette Meute descend en dessous d’une Horde encore fraîche mais forcément amusante vu les efforts fournis. Ce qui n’est pas le cas ici…

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