La French

La French

Gaumont a beaucoup misé sur son retour au polar à l’ancienne avec LA FRENCH. Une page sanglante de l’histoire française, un casting de choc & un combat au sommet, voilà de quoi remuer le box office. Et les promesses sont tenues.

Clairement, LA FRENCH est une histoire de famille. Celle sans doute que l’on ne connaît pas (les origines du projet) mais semblent solides, celle devant la caméra (la réunion Jean Dujardin & Gilles Lellouche, plus quelques amis à eux), et enfin celles de l’histoire. Celle du juge Michel, et celle du chef de la French Connection, cette mafia marseillaise qui dominait dans les années 70 le commerce d’héroïne mondial. On pourrait même y ajouter celle des policiers, et puis des truands. LA FRENCH, c’est la reconstitution d’une époque où on parlait de respect et de fidélité. Et puis de lutte.

Retraçant les grandes heures du démantèlement de la French par le juge Michel (on vous laisse vous rappeler de l’issue de cette affaire), LA FRENCH parvient à boucler en un peu plus de 2 heures l’ensemble de cette page de règlements de compte, faisant virevolter l’action (un peu trop quelquefois, la caméra épaule s’agitant trop vite dans certaines scènes) pour dépeindre cette guerre entre vengeance, arrestations & l’attente des uns et des autres. Une croisade au coeur d’un noeud de magouilles politico-mafieuses qui n’épargne personne : élus, policiers et bandits dans le même panier, la corruption par dessus tout, pour mieux refaire l’histoire. Et ce regard avec le recul sur la société française à la fin des années 70 peut surprendre.

Ne faisant ainsi pas le jeu de facilités, LA FRENCH s’offre un très joli cadre où les imperfections s’oublieront rapidement. Malgré la qualité de son casting (une jolie revue des jeunes talents, et une formidable Céline Sallette !), Gilles Lellouche en grand mafieux n’incarne pas réellement la terreur (on l’apprécie sans doute trop en héros chez Fred Cavayé), et Jean Dujardin conserve quelques mimiques humoristiques malgré lui. Toutefois ça n’est pas totalement hors contexte, le récit s’offrant de rares moments d’apaisements, au milieu des drames, n’excluant pas des respirations salvatrices pour mieux repartir ensuite dans ce grand jeu de course-poursuite.

C’est donc une attente récompensée que LA FRENCH, dont l’ambition est à la hauteur des moyens mis en oeuvre. Pour une fois, c’est justifié et apprécié objectivement : pour un deuxième film Cédric Jimenez parvient à tenir joliment la barre jusqu’au bout, offrant un dernier grand film français pour cette année.

3.5 / 5

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