La cité rose

La cité rose

LA CITE ROSE, c’est un coin de banlieue parisienne tranquille. Ou presque, puisqu’évidemment il y traîne le quota normal de dealers et de malfrats en tous genres, entre les familles, les terrains de jeux et les poussettes. Loin de recycler les idées reçues de cet « au-delà du périph », le premier film de Julien Abraham choisit la voix d’un enfant pour conter un bref moment de vie dans un quartier en proie aux difficultés sociales et aux bandits en tous genres. Oui, on ne change pas de sujet, mais on lui donne un éclairage nouveau.

Flashback. Le protagoniste principal, des lumières, une ambulance… Rétropédalage. Le héros du récit, ainsi que ses deux cousins, soit trois générations de gamins du quartier, tentent de vivre dans LA CITE ROSE, une cité de l’est parisien. Entre les petits trafics, les envies de s’en sortir, les filles du bahut… Sujet vu et revu (le gamin qui veut devenir avocat, celui qui veut devenir grand bandit, etc…), certes. Mais sorti de la bouche d’un enfant, avec l’innocence d’un monde en découverte et sans le pathos (moderne? réaliste?) qui l’accompagne, LA CITE ROSE expose ses problèmes sous un soleil bienveillant. Il y a plus d’espoirs ici que dans les essais précédents : l’anti-LA HAINE sur la forme.

N’éludant pas les problèmes de fond, les aventures de la joyeuse bande de LA CITE ROSE finissent par convaincre, entre maladresses des caïds et courses poursuites. Un petit air de film de gangster à six pieds au dessus de terre, sans prétention ni coup d’éclat qui saura ravir le public le plus large. Développé sous forme de pilote pour une série télévisée, voilà un résultat plutôt prometteur pour un film attendu ailleurs.

3.5 / 5