Knight of cups

Knight of cups

On connaît le cinéaste Malick comme l’inspiration de nombreux jeunes auteurs depuis plus de 40 ans. Celui qui a pris un break de 20 ans avant d’enchaîner les films à un rythme régulier n’a eu de cesse d’imposer un style inspiré, entre plans aériens, thèmes humanistes et casting de premier plan. Malick, c’est du beau, du grand, des sensations dans un style contemplatif qui ne plait pas à tous.

Et bien là, à peu de gens. Pour son dernier film (alors que le prochain semble déjà terminé), Malick réunit comme à l’habitude une belle brochette de comédiens (Christian Bale, Natalie Portman, Cate Blanchett…), les manipule à souhait dans un scénario déconstruit, à coups de vignettes et d’ellipses pour suivre les pas d’un homme perdu. Cette fois ci, le cadre est l’ouest américain, et le héros une star de cinéma. On comprend rapidement l’intention de vouloir raconter le vide hollywoodien, à coups de studios vides, de stars sans âme. Bale déambule sans réelle direction, enchaîne les histoires d’un soir tout en cherchant la femme de sa vie.

Histoire finalement banale pour film vain, Malick semble laisser sa caméra tournée (images magnifiques signées Emmanuel Lubezki) en cherchant la perdition totale pour mieux nous expliquer sa propre vérité. C’est beau mais lassant, tant le cinéaste recopie les images de THE TREE OF LIFE ou les intentions romantiques de A LA MERVEILLE. On attendait une réelle nouveauté, on se retrouve avec un cinéma bavard (aucun dialogue, que des voix off) et en répétition totale, souvent prétentieux dans son envie de nous imposer son point de vue peu objectif. Rôles féminins réduits au minimum (même vestimentaire), acteurs esseulés (ou détruits au montage, comme Portman), scénario sans enjeux, il reste la beauté plastique d’un cinéaste qui n’avance plus.

1.5 / 5

🎙 Le podcast Onlike donne la parole aux artistes et artisans qui font l'actualité de la musique en France et à l'international. Cliquez ici