High Flying Bird, le retour par Netflix du précurseur Soderbergh

High Flying Bird, le retour par Netflix du précurseur Soderbergh

On connaît Steven Soderbergh touche-à-tout. Le réalisateur passé par Hollywood, et souvent en marge, ne cache plus son envie de jouer « hors sytème ». Son dernier film, HIGH FLYING BIRD, incarne cette idée, celle d’un outsider du système qui va tout tenter pour prouver qu’on peut jouer en dehors du terrain.

En l’occurence, HIGH FLYING BIRD déplace le sujet sur les terrains de basketball. Lors d’un shutdown (grève), un agent de joueurs se retrouve au milieu de la mêlée pour trouver une solution et redémarrer la saison… ou en profiter pour créer de nouveaux débouchés. Difficile de ne pas y voir l’image du réalisateur qui voudrait vendre son film en dehors des circuits installés : HIGH FLYING est un film Netflix, mis en ligne mondialement pour les 130 millions d’abonnés du network. Le réalisateur avait déjà par le passé approcher la distribution en sortant LOGAN LUCKY par ses propres moyens. Mais loin d’être dépassé, toujours innovant, il revient par les plateformes de diffusion pour ses prochains films.

HIGH FLYING BIRD a ce côté expérimental déjà entrevu sur PARANOIA (et à différentes périodes chez Soderbergh). Tournage léger, au smartphone, format avant-gardiste d’une histoire très théorique : Soderbergh filme la crise politique d’un sport à l’ancienne, en coulisses – ici pas d’imprévu saugrenu ni de péripétie deus ex machina. Partie d’échec à taille humaine, HIGH FLYING BIRD est un récit intellectuel avant tout, s’intéressant aux mécaniques du business et des personnes qui le tiennent. Le parallèle avec l’art que maîtrise Soderbergh se fait assez facilement…

Et pourtant, c’est dans ce méandre de réflexion, ce dispositif presque théâtrale, qu’on se perd. Sans perdre de vue la précision de son point de vue, tout cela ne semble s’adresser qu’à un cercle presque restreint de concernés. Ironique à l’heure où le cinéaste choisit une plateforme à 130 millions d’abonnés et une sortie mondiale. Comme si Soderbergh, pour mieux moquer le vieux système hollywoodien, utilisait une nouvelle forme de distribution sans en envisager toute la puissance.

3 / 5

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