Her

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On avait laissé Spike Jonze sur le joli MAX ET LES MAXIMONSTRES… et ses collaborations avec Arcade Fire. Le monsieur sait s’entourer, et faire rêver. Le voici de retour avec un projet atypique, mais « atypique » est bien le mot qui caractérise le cinéma sensible et décalé de Spike Jonze. Romantique, futuriste, précurseur et touchant, HER est peut être son oeuvre la plus calme mais aussi la plus ancrée dans le réel.

Dans HER, Joaquin Phoenix, moins torturé qu’à l’habitude mais tout aussi intense, incarne un jeune divorcé en mal de vivre. Dans ce futur proche, les intelligences artificielles sont partout, et le voilà s’équipant d’une mise à jour innovante, à la voix sexy de Scarlett Johansson. S’engage alors un dialogue étrange, où le réel et le virtuel n’ont plus vraiment de sens face aux émotions qui apparaissent. Emotions et non sentiments, si on souhaite les analyser ; tout le film joue sur les frontières minces d’un virtuel toujours plus présent dans nos vies, et de nos envies qui n’ont jamais été aussi volatiles.

Avec HER, Jonze créé une réalité par anticipation qui s’inscrit dans les nouvelles du début de la science fiction. Il s’empare des évolutions technologiques récentes pour poser de vraies questions sensibles. La recherche d’une rencontre, même si le film ne gardera que peu de temps la surprise, n’est peut être pas si éloignée… Dans un cocon parfaitement maîtrisé, Spike Jonze amène son héros brisé vers une forme de rédemption amoureuse qui pourrait également être la fin de sa solitude. Un voyage entre rêves et réalité auquel on ne peut que succomber.

4.5 / 5

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