Greenberg

Greenberg

Noah Baumbach, scénariste de Wes Anderson, livre ici son premier film en tant que réalisateur, bien loin des fantaisies de son camarade aux crises familiales multiples. Greenberg, c’est aussi l’affirmation d’un acteur talentueux, un certain Ben Stiller.

Oui, oui, rappelez vous, le clown hilarant Stiller. Celui capable du pire comme du meilleur, et c’est toujours drôle. Mais Stiller, c’était aussi le mec de Génération 90 (Reality Bites en VO), film culte sur la jeunesse désenchantée (et décoiffée) de la fin des années 80, le gars qui a fait Disjoncté avec Jim Carrey. Avant, Ben Stiller, il faisait des trucs vachement bien. Donc après quinze années de pure folie créatrice, le voilà revenu dans un coin propre et net du cinéma pas si indépendant toutefois. Stiller est Greenberg, la quarantaine bien rougissante, qui plaque New York pour sa Californie natale sur le coup d’une dépression fleurissante. Retour aux sources pour se retrouver. Et découvrir Florence (lumineuse Greta Gerwig, touchante de sensibilité), l’assistante de son frère, et elle-même animée d’une fragilité incertaine.

Et c’est ça qui anime le film entier, l’incertitude. L’incertitude des situations, qui peuvent s’arrêter net. L’incertitude des sentiments, inavoués ou désavoués, jamais proprement dits. L’incertitude des personnages, qu’ils soient amis, amants, couples ou voisins. Dans tout ça, Rhys Ifans promène sa carcasse avec une nonchalance toute classieuse. Et si Greenberg bénéficie d’une certaine sympathie de par une approche très sensible des choses (difficile de ne pas accrocher), il reste une certaine maladresse de l’ensemble qui empêche l’empathie de se créer, là où d’autres films lancent le récit. Ici, Stiller tourne en rond au gré des humeurs de son personnage, et le récit avec lui. Alors oui, on peut s’ennuyer un peu et bouder le cycle répétitif du Je T’Aime Moi Non Plus entre les deux personnages, trouver quelques longueurs. Toujours est il que Greenberg est un joli moment bâti sur de l’improbable, et qui mérite toute notre sympathie. Allez, Ben, continues sur cette lancée.

3.5 / 5