Goal of the dead

Goal of the dead

Mélange des styles douteux (le football ? les zombies ?), titre un peu étrange, producteurs connus (pour la Horde, donc pas forcément que des bons points), ce GOAL OF THE DEAD respirait la blague un peu trop poussée. On imaginait bien les scénaristes pliés en quatre à l’idée de refourguer une histoire de footballeurs en mode fin du monde. Et puis, première surprise, un teaser condensé et plutôt efficace nous ouvrait les yeux ; après tout, en matière de série B, on peut tout imaginer à condition de s’assumer. Et de ne pas la jouer trop sérieux, ce qui est souvent le cas en Hexagone.

Hors donc, on passait en mode curieux, et le fait de découvrir le film dans une petite salle parisienne en présence de l’équipe, donnait sens : loin des futurs succès du box office, ils décident en effet de sortir le film dans peu de salles, mais d’accompagner à chaque fois les séances lors d’un Zombie Tour Goal of the Dead qui suivra dès Avril après les projections parisiennes (au cinéma Les 3 Luxembourg). Et de cette première séance, on ressort les yeux émerveillés par un résultat fait avec les tripes et le coeur.

Attention, ceci est à apprécier si vous aimez les séries B, et la surenchère de zombies sur les écrans.

Car GOAL OF THE DEAD est l’un des plus beaux bordels cinématographiques français, et certainement l’une de ses meilleures comédies horrifiques. Car il en faut, du second degré, pour écrire cette histoire de match à crampons qui vire au dézinguage de morts vivants (ou plutôt contaminés par un virus étrange) dans une petite commune de campagne. Avec un casting sélectionné comme une équipe de première division (Alban Lenoir, Bruno Salomone, Philippe Rebbot… on pioche un peu partout, même dans la LAZY COMPANY), GOAL OF THE DEAD nous sert une solide dose d’ironie footballistique, non dénué d’humour et de distance à son sujet, tout en s’obligeant à une qualité de forme côté maquillages et effets spéciaux (dans le deuxième volet, la patte de Thierry Poiraud rappelle à plusieurs reprises sa co-réalisation ATOMIK CIRCUS).

Bref, loin des tentatives maladroites (LA HORDE, LA MEUTE…) coincées dans leur style, GOAL OF THE DEAD plonge dans l’absurde pour récompenser les fans d’horreur, et les fait jouer autour de deux fois 70 minutes. Un concept en deux mi temps plutôt sympathique, mais créant quelques ralentis au passage, et qui ramène toutefois à l’impression de regarder un pilote de série télévisée. Car, effet retors, on se ferait bien le 3e épisode la semaine prochaine…

PS : en guise de hors d’oeuvre, on se déguste deux courts métrages joyeusement Z, sorte de longues bandes annonces pour des longs métrages qui n’existeront jamais, recopiant avec exagération les gimmicks de l’industrie. C’est sale, fou et on adore.

4 / 5

🎙 C'est nouveau et c'est beau : le podcast d'Onlike donne la parole aux artistes et artisans qui font l'actualité de la musique en France et à l'international. Cliquez ici