Funny Cow

Funny Cow

Dinard Film Festival 2018 – Compétition

Ce film n’est pas une comédie dramatique, ni une comédie. FUNNY COW s’inscrit dès ses premières minutes dans le drame. La partie comédie vient d’ailleurs : c’est un drame sur une comique. Film absolument politique encré parmi les oeuvres qui fait l’éloge de la femme, et qui essaient de leur donner la place qu’elles méritent (l’égal de l’homme). Même si les personnages masculins sont réduits à être des salauds (à leur manière : la brute, l’élitiste intellectuel, le sexisme dans le métier, etc), FUNNY COW a un regard fort sur la violence domestique et le sexisme qui existent encore aujourd’hui. Sauf que la protagoniste bien déterminée à réussir, et le film va lui donner plusieurs chances. Notamment dans le montage, où le film se concentre surtout sur l’évolution et l’émancipation de la protagoniste adulte. Après avoir révélé qu’elle ait passé une bonne partie de sa vie à vivre avec le même homme, à travailler dans une laverie automatique, la protagoniste transforme sa vie. Narré comme un biopic, alors que tout est fictionnel, FUNNY COW se concentre à faire le miroir entre la jeunesse et la vie adulte de sa protagoniste.

Pour cela, le film fait en sorte de ne pas présenter sa protagoniste. Cette prétendue célèbre Funny Cow n’a pas de prénom dans le film, et est introduite comme une grande célébrité. Ainsi, FUNNY COW suppose que le-la spectateur-rice connaît déjà le personnage. Cela permet à Adrian Shergold de se préoccuper à l’exploration de l’intimité et de la psychologie de sa protagoniste, sans se focaliser une seule fois sur sa carrière ni son travail. Mais le film n’a rien de misérabiliste, car il est rempli de tendresse et de de bienveillance. Enfant, Funny Cow porte déjà du rouge. Adulte et célèbre comme comique, Funny Cow porte toujours du rouge, bien que maintenant étincelant. La couleur de l’amour et du sang, pour explorer sa sensibilité et sa souffrance au sein d’un groupe d’hommes pas très corrects. Là où tous les autres personnages sont des symboles d’une société contenant des décalages (le bourgeois, l’alcoolique, une personne sans activité et dépressive, etc), Funny Cow traverse les tons et les sensations, modulant son caractère selon les situations qu’elle rencontre.

L’intensité du jeu de Maxine Peake, qui s’abandonne totalement pour une protagoniste provocatrice et glamour à la fois. Il y a cependant moins d’intensité dans l’esthétique proposée par Adrian Shergold. Bien que le cadre la place souvent en train de défier ce qui l’entoure, FUNNYCOW est un film où la difficulté physique est bien trop pesante. Avec une mise en scène qui ne cesse de démontrer la cruauté que subit la protagoniste, le conte tragique de cette femme possède trop peu d’énergie pour éviter d’être figé. Avec une photographie grisonnante et morne dans la grande majorité des plans, FUNNY COW s’entête dans la cruauté et n’arrive pas à faire ressortir la fantaisie rageuse que possède sa protagoniste. Coincée dans un cycle de désillusion, la protagoniste est aussi coincée dans la confrontation (placement dans le cadre, champs/contre-champs, etc) où la mise en scène se repose sur ses acquis.

FUNNY COW
Réalisé par Adrian Shergold
Scénario de Tony Pitts
Avec Maxine Peake, Paddy Considine, Stephen Graham, Alum Armstrong, Kevin Eldon, Tony Pitts, Diane Morgan, Hannah Walters
Royaume-Uni / 1h42 / 2018

3 / 5

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