FIRST MAN, l'implacable sacrifice humain derrière Apollo 11

FIRST MAN, l'implacable sacrifice humain derrière Apollo 11

Le regard vers les étoiles : en pleine crise économique & intellectuelle, l’humanité semble toujours diriger son regard vers le fantasme du cosmos, et celui d’un challenge technologique et humain pour dépasser nos propres limites. Pour Damien Chazelle, c’est passé du pop & dansant LA LA LAND à l’histoire vraie du premier homme sur la Lune. Un flashback géant autour de la notion de sacrifice, sous-jacente à la filmographie du jeune cinéaste.

Qu’a t-il du endurer, Neil Amstrong, malgré sa force de caractère et son intelligence, pour être le premier à fouler le sol lunaire ? Dans cette décennie 60′ où la compétition avec la Russie était au coeur du programme spatiale américain, porte-étendard d’une suprématie idéologique presque surhumaine : l’homme peut-il conquérir l’espace, et surtout qui sera le premier ? FIRST MAN se penche sur l’homme au coeur du processus, de la machine politique et bien sûr technique. Oscillant entre humanisme magnifique à la Malick dans ses plans de banlieue/famille virevoltant, et l’ambition d’un Kubrick pour l’épopée spatiale (merci la finesse de la musique classique dans l’espace), Chazelle se bat pour étudier le parcours forcément dramatique d’Amstrong face à son destin.

Et ça fonctionne presque. FIRST MAN est un film tiré à quatre épingles, oscillant entre l’homme et le poids de l’Histoire. On ne sait trop si Chazelle doit filmer les coulisses ou le tapis rouge, à certains moments faisant passer l’action par le son d’une radio, à d’autres collant au direct. Le film se fait bancal, entre moments intenses d’une Histoire en marche, et instants de couples et d’homme face à ses démons. L’écriture se veut dense, n’oublie rien sauf l’empathie pour ce qu’il se passe. Comme un microscope sur une vie parmi d’autres, vouée à devenir un exemple pour des générations : à l’inverse de WHIPLASH le héros ne fait pas qu’accomplir un rêve personnel. Il est ici une pièce d’une plus grand machine. Le film semble presque s’y perdre.

3 / 5

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