Family Film

Family Film

Écrit et Réalisé par Olmo Omerzu.
Avec Karel Roden, Vanda Hybnerova, Daniel Kadlec, Jenovefa Bokova, Elisha Krenkova.
République Tchèque – 90 minutes – 2015
Festival de Cinéma Européen des Arcs 2015 : compétition.

Le long-métrage de Olmo Omerzu est un drame pur, qui se situe au sein d’une famille ordinaire. Les parents partent en vacances à la mer pendant une semaine, laissant leur fille aînée (et majeure) et leur fils cadet (et mineur) seuls dans leur appartement. C’est l’occasion pour les deux enfants d’explorer la liberté d’être seuls à la maison. Un jour de tempête, le bateau des parents coule, et cela finira par dévoiler des secrets au sein de la famille. Les tensions créées, seul leur chien sera leur espoir de rassemblement affectif. Sauf que le chien était sur le bateau, et a échoué seul sur une île.

A partir de ces situations, le film trouve le moyen d’apparaitre comme une chronique familiale, assez modeste car elle ne traitera de gros sujets. Le récit développe plusieurs petites intrigues que l’on a déjà vu mille fois, mais qui apparaissent comme des scandales au sein de la famille. La meilleure amie de l’aînée s’entiche du frère cadet, ce cadet sèche les cours pendant plusieurs jours, les parents sont portés disparus, le chien est bloqué sur une île, le père de famille n’est peut-être pas le père biologique du cadet, etc. Tous ces petits arcs pour amorcer plusieurs réactions et émotions dans les rapports entre personnages.

La mise en scène de Olmo Omerzu reste donc en recul. Parce qu’avec autant d’idées, il doit pouvoir conserver l’état d’esprit intact de ses personnages, ainsi que leur personnalité respective. Le point de vue va alors régulièrement être modifié, parce que chaque personnage devient le protagoniste d’une séquence. En modifiant l’environnement à chaque fois qu’un personnage devient le centre, puis un autre par la suite, le film se présente comme une chronique qui étale ses sujets. La mise en scène est constamment remise en question, même si les comédiens ne font pas beaucoup preuve d’attitudes prolongées (le film tend vers une approche de la résignation, mise en valeur par des attitudes posées et discrètes).

Avec tous ces comportements non aboutis, le long-métrage ne peut pas développer à fond ses idées initiées. Chaque petit détail de l’intrigue générale n’est pas résolu. Avec des personnages aussi froids que l’esthétique, et aussi antipathiques que le j’en-foutisme du cadet, le film survole tout ce qu’il entreprend. Surtout quand il est découpé en deux parties distinctes, mais qui ne trouvent pas leur cohérence. La mise en scène de la seconde partie est d’autant plus froide et théâtrale que la première, qui est davantage dans l’errance brûlante des rapports.

On ne parlera pas longtemps du découpage, puisqu’il a choisi de rester conventionnel pour ne pas brusquer le texte. Parce que le long-métrage est surtout un film de texte et de situations, qu’il ne peut pas résumer ses personnages que par l’image. En se focalisant sur des éléments essentiels, en oubliant l’environnement les personnages, le long-métrage ne parvient pas à créer à l’image la séparation attendue entre les personnages. En effet, il y a une opposition entre plusieurs personnages, mais qui n’est jamais marquée par l’image, uniquement par le texte. Dommage, car l’appartement a une scénographie fabuleuse qui aurait pu être la somme de toutes les discordes.

2 / 5

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