Exodus: Gods And Kings

Exodus: Gods And Kings

Constat direct : Ridley Scott a toujours la volonté de nous surprendre. Son péplum de 2014 s’aventure sur le terrain de l’aventure biblique, avec l’idée de nous épater. Casting hollywoodien (contesté, mais Christian Bale quand même en Moïse), effets visuels monstres, intention noble. Et de fait, on ouvre les yeux en grand pour observer cette révolte des esclaves contre les égyptiens qui est l’un des passages épiques de la Bible, déjà maintes fois raconté par Hollywood (notamment par Cecil B. DeMille en 1956, Charlton Heston en guide des Hébreux).

Oui mais voilà, Ridley Scott (que l’on adore) semble se noyer lui-même dans les eaux qu’il a pour mission de soulever. Son film monstre est traité comme une mission d’évangélisation où on suit le chemin parcouru par Moïse, entre découverte de la foi et lutte contre les Egyptiens et Ramsès (Joel Edgerton). Le résultat final est un péplum à la limite de la série B (dommage pour celui qui avait offert au genre un beau revival avec GLADIATOR), où les effets visuels rendent peu hommage à la volonté de sérieux de l’ensemble.

Fortement concentré sur la rivalité des deux principaux protagonistes (Scott dédiant également le film à son frère décédé), EXODUS fait figure de lettre à une fratrie qui aura brillé à Hollywood. Sauf que Scott, bien que restant l’un des rares réalisateurs à encore proposer une vraie ambition (à côté des Cameron, Nolan…) ne semble pas maîtrisé grand chose ici. A utiliser la palette numérique pour multiplier les foules comme les petits pains, à transfigurer les 7 plaies d’Egypte en quelques scènes (bien que, du coup, cela dure presque une heure), il se retrouve devant un défi qu’il ne parvient pas à surmonter.

Finalement, on ne sait trop quoi en retirer. Celle d’une histoire de deux entités s’opposant, exposée ici comme un blockbuster hollywoodien qui ne parvient pas à offrir la moindre émotion, additionnant les catastrophes comme autant d’échecs. Après CARTEL, c’est un film grand spectacle plus abordable que propose Ridley Scott, qui ne parvient pas toutefois à vaincre l’obstacle. EXODUS, défi avant tout artistique pour celui qui maîtrise parfaitement la technique, est donc une pâle copie de ce qu’on imaginait venir de l’un des grands artisans du cinéma d’aujourd’hui.

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