Dheepan

Cannes 2015 / Sélection Officielle / Compétition

Un nouveau film de Jacques Audiard, c’est toujours attendu et ça commence souvent par un passage à Cannes. DHEEPAN, c’est une nouvelle proposition pour le cinéaste, qui décide de prendre des risques dans sa façon de raconter ses histoires. On apprécie, bien que des failles existent.

DHEEPAN, c’est un réfugié tamoul ayant fui son pays pour atterrir dans une banlieue parisienne où il doit réapprendre à vivre. Il entraîne avec lui une femme et une enfant, pour une vraisemblance de famille les aidant tous à obtenir un visa de séjour. Au coeur d’une cité où règne le chaos et la domination des gangs, ces trois étrangers se demandent s’ils n’ont pas quitté une guerre pour en affronter une nouvelle.

Vraie proposition, DHEEPAN démontre qu’Audiard peut changer les ingrédients de son cinéma tout en restant pertinent. Avec des comédiens non professionnels, dans une langue étrangère peu évidente, avec un choc des cultures à la clé, le réalisateur d’UN PROPHETE ou DE ROUILLE ET D’OS ne perd pas sa caméra agile et son image finement travaillée. En allant dans une direction originale (plutôt que d’enchaîner les grosses productions avec des stars), Audiard ne se repose pas.

On regrettera qu’au fil de DHEEPAN, on ne sache pas vraiment s’il parle du sort de ces 3 réfugiés, de leur histoire ou du contexte dans lequel ils s’inscrivent. Histoire d’immigration ou de banlieue, les deux se croisent évidemment mais laquelle domine ? Seul vrai faux pas, la dernière séquence du film semble vouloir proposer une forme d’happy end assez grossière. En l’excluant, on converse un drame sec et aux thématiques contemporaines particulièrement poignantes.

3.5 / 5
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