Cosmopolis

Cosmopolis

S’il est un prix à remettre ce soir à Cannes (le festival 2012 s’achève ce dimanche – si vous lisez ceci 2042!), ce serait au moins celui de la meilleure vente au public d’un film. Bande annonce ravageuse, brutale (inspirée par les précédents MILLENIUM ou ENTER THE VOID, quand même), qui laisse à penser que David Cronenberg, réalisateur devenu métamorphe, reviendrait avec un film uppercut et nous embarquerait pour un fabuleux voyage. Méfions nous de ces a priori car COSMOPOLIS est tout l’opposé de ce que l’on veut nous vendre. Film à l’encéphalogramme plat, plutôt basé sur un débit de texte eppileptique, COSMOPOLIS se veut cérébral et insondable. L’ensemble donne une étrange impression.

Golden boy paradant dans sa belle limousine blanche (qui lui sert de bureau), le héros se pose des questions existentielles avec ses invités, hommes ou femmes, et tente de trouver un nouveau sens à la vie alors que son empire financier est en passe de s’effrondrer. Avec le minimum nécessaire de sexe et de violence, COSMOPOLIS est une adaptation littérale de l’histoire de Don deLillo, auteur à l’écriture nébuleuse, entre réflexion socialo-financière et existentialisme à deux francs. Malheureusement Cronenberg croit bien faire en l’adaptant stricto sensu, laissant un Robert Pattinson à la moue un peu plus appuyée que dans les TWILIGHT pour faire le boulot. Nous voilà alors devant une succession de scènes, à la limite du passage de casting, certes bien foutues mais l’excitation cinématographique au plus bas après en avoir compris le principe.

Comprenez, David Cronenberg n’est pas le premier venu, et aurait pu sortir une histoire viscérale bien sentie au lieu de se contenter de recréer une ambiance malsaine dans une limo. Mais David a semble t-il décidé de ne pas trop se fatiguer sur ce coup là, et l’ensemble n’élève aucune forme d’intérêt, au-delà de voir défiler quelques bons acteurs récitant un texte appris par cœur. Loin d’être inutile, le film comportait de nombreuses idées à creuser, un monde à explorer. On se contente de titiller nos cerveaux sur des débits de paroles entre psychanalyse de base et capitalisme sauvage. Et une coupe de cheveux.

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