Caricaturistes - Fantassins de la démocratie

Caricaturistes – Fantassins de la démocratie

Il est difficile de rentrer dans certains univers. Et on n’aurait pas misé sur les caricaturistes pour nous intéresser, au-delà de leur dessin quotidien dans nos journaux habituels. Car oui, être caricaturiste aujourd’hui c’est en soi revendiquer une certaine liberté, une certaine impertinence et ça peut déranger. Fidèle à sa réputation, le jovial Plantu prend sa valise et son crayon pour nous emmener à la découverte de quelques confrères artistes.

Double découverte. On commence par se voir expliquer le contexte ; pour une majorité de caricaturistes (« dessinateurs de presse » serait certainement moins limitatif), dessiner c’est vivre. Mais c’est aussi un danger, un risque dans certains contextes politiques. Et c’est là qu’intervient la seconde surprise : Plantu. Français de domiciliation, celui-ci a certainement moins à craindre côté répercussion, mais n’est pas pour autant libre de tout embêtement. Même en pleine démocratie, s’exprimer avec humour peut amener un retour critique direct (notamment du sujet du dessin). Evitant le piège de tomber dans l’actualité politique, ce documentaire à portraits multiples préfère prendre le témoignage de différents intervenants pour montrer que le dessin est universel.

Et ça fait du bien. Voir même, dans le contexte actuel, cela redonne un peu d’espoir. Voir différents dessinateurs des quatre coins du monde, parfois limité dans leur liberté, parfois agressés ou pire, s’épauler pour passer ces difficultés, c’est une lumière dans la nuit. Alors oui, ça ne résout pas grand chose et on appréciera l’humour ou non, mais ce mouvement des dessinateurs de presse est un vrai courant artistique en soi, et il est bien temps de le reconnaitre. Plantu mène la danse, créant même un comité aux Nations Unies pour les soutenir. Et à lui de livrer, au détour de quelques séquences (dont une en particulier), l’espoir attendu.

4 / 5