Capitaine Phillips

Capitaine Phillips

En 2013, le cinéma a voulu prendre le large. De L’ODYSSEE DE PI, à ALL IS LOST, l’année aura connu du film maritime : HIJACKING, EN SOLITAIRE notamment. La fascination est toujours la même ; sans aller chercher trop loin l’aventure, comment survivre au milieu de l’océan ? Le parti pris est ici, comme le film danois, une attaque de pirates somaliens. Et en réunissant les bons talents, on retrouve ce que l’on est venu chercher : une performance d’acteur dans un thriller qui soulève la vague de fonds des grands sentiments.

Crevons l’abcès d’entrée ; en voilà encore un, de rôle, taillé sur mesure pour un grand Tom Hanks. Filmé par la caméra agitée de Paul Greengrass, il s’aventure en haute mer, protégeant son équipage de pirates en recherche d’un joli magot, leur cargaison. Souhaitant souligner l’implication du contexte socio-économique global, Greengrass s’empare une histoire vraie pour en faire un pseudo symbole du capitalisme galopant. Le premier dialogue est presque trop évident pour ne pas le voir. Passé cela, on prend le large pour un décryptage réaliste de ce qu’il s’est passé, entre leur abordage et l’arrivée de la toute puissante marine américaine (étrange parallèle là aussi avec le ZERO DARK THIRTY de Kathryn Bigelow).

Si le fond est écrit en lettres capitales, histoire de ne pas rater la bonne morale de l’ensemble, CAPITAINE PHILLIPS reste une vibrante tragédie moderne aux moments de grande tension (comme HIJACKING) et certains plus sereins. Peut être un peu trop politiquement correct, s’évertuant même à conserver une part d’humanité aux pirates, le film est une solide reconstitution au style documentaire impeccable. Bref, un grande histoire de survie aux accents américains.

3.5 / 5