Beira-Mar ou l'âge des premières fois

Beira-Mar ou l’âge des premières fois

Écrit et Réalisé par Filipe Matzembacher & Marcio Reolon
Avec Mateus Almada, Mauricio José Barcellos, Elisa Brites, Francisco Gick
Brésil / 85 minutes / Sortie le 17 Février 2016

C’est l’hiver au Brésil, même si les rapports entre les personnages seront davantage chaleureux. Martin (Mateus Almada) rejoint le littoral pour rencontrer la famille de son père. Pour ce voyage, son meilleur ami Tomaz (Mauricio José Barcellos) l’accompagne. Cette virée sera l’occasion pour les deux amis de redonner du cœur à leur amitié, à l’écart du monde qui les entoure. Ils logent dans une maison au bord de mer, où la quête de soi et le questionnement des sentiments sont les causes multiples sensations.

La mer déchaînée et froide est à l’image de cette virée entre amis. Parce qu’il s’agit d’une initiation, alors les personnages vont connaître à la fois la fougue de l’adolescence, mais aussi la dure loi du monde adulte (des responsabilités). Le montage alterné montre assez bien comment le passage de l’adolescence à l’âge adulte peut vaciller d’un instant à l’autre, sans prévenir. C’est cette balance entre les deux âges que le film explore du début à la fin. Les deux amis se déchaînent avec de nouvelles connaissances, profitent des grands espaces et font une fête. Mais ils doivent également prêter attention aux besoins naturels (se nourrir, la famille, …).

Cependant, ce montage alterné cause un soucis dans la temporalité : elle n’est pas le meilleur allié des personnages. En effet, la gestion du temps étire les situations et les sensations des personnages, allant jusqu’à éplucher la temporalité. C’est-à-dire que le film développe ses événements dans le temps par morceaux séparés. Le puzzle reconstitué n’arrive qu’à la fin. Durant le reste, il ne s’agit que de complaisance et d’attente. Le long-métrage se repose sur ses acquis de balance entre l’adolescence et l’âge adulte, et les étend jusqu’à l’épuisement. Ainsi se crée l’attente d’une situation concrète, d’un éclat dans les rapports entre les personnages. Mais rien, tout est attendu et logique, tout se déroule automatiquement comme on l’a déjà vu.

Sans prise de risque alors, ce qui implique que les personnages manquant cruellement d’ampleur. Que ce soit à l’écriture (qui n’est pas une fin de développement en soi) ou dans la mise en scène (l’aboutissement d’un regard créatif sur des personnages), ces jeunes personnages planent en surface de leurs actions et de leurs paroles. Ils ne sont que les images d’eux-mêmes, et peinent à évoluer davantage que dans le doute, la jalousie, l’amour ou la fougue. Cela se remarque notamment dans les attitudes, qui se confondent entre les comédiens, mais qui sont constamment répétées. Déjà que le montage crée la complaisance, la mise en scène manque totalement de vivacité.

Tout de même, il faut mentionner que ces personnages évoluent dans une ambiance ambigüe, qui ne sait pas vraiment si elle doit épouser la sensualité ou l’errance. Parfois, il s’agit de confondre les deux. Et ce sont clairement les meilleurs moments du film, parce que la caméra sait capter une agréable contemplation des espaces. Autour des personnages qui attendent impatiemment que le cinéaste dynamise sa mise en scène, il y a un joli portrait d’un paysage libérateur. Les lieux d’actions des personnages sont leur source de sensations, de conscience et de tentations. Les espaces sont la projection de la séduction et de la libération : là où les personnages trouveront leur progression et leur sensibilité personnelle.

2.5 / 5