Ave, César !

Ave, César !

Un nouveau film des frères Coen avec Channing Tatum et George Clooney était forcément une excellente nouvelle pour moi : mes deux acteurs favoris chez deux réalisateurs que j’affectionne particulièrement. Mais je vais tenter de faire abstraction de mon enthousiasme pour vous parler le plus objectivement de cette petite pépite qui mûrit agréablement avec le temps.

Dans les années 50 à Los Angeles, Eddie Manix (Josh Brolin) est « fixer » chez un grand producteur hollywoodien. Il est là pour trouver une solution à tous les problèmes qui concernent le studio et ses stars. Une autre industrie lui propose un poste plus tranquille le jour même où la star du studio se fait kidnapper en plein tournage du prochain péplum.

Avé César est l’écho positif de A Serious Man. On suit le destin d’un homme chanceux, cette fois-ci, sur une seule journée, déterminante. Elle commence avec un plan sur Jésus et une confession. Comme dans A Serious Man, on entre dans le film par la religion, un sujet sérieux mais pas que. Elle est aussi l’objet de la première scène hilarante du film, la confrontation de points de vue d’hommes de foi. La foi est aussi le seul mot sur lequel but la star du studio campée par George Clooney, et ce n’est pas un hasard. C’est même une façon de nous dire qu’après un passage par le futur, on aura peut-être tous oublié cette foi qui anime tant Eddie.

Les Coen nous parlent de la foi mais également de cinéma avec un sublime hommage à l’Hollywood des années 50. Leur prouesse est de nous proposer près de 6 films réunis en un seul : un western, un ballet nautique, une comédie musicale, une adaptation théâtrale, un péplum et la folle journée d’Eddie.

Le marketing du film vend un film choral alors que la plupart des acteurs de l’affiche n’ont que peu de scènes. En revanche, chaque scène est totalement emplie de leur prestation, même courte. La direction d’acteur est irréprochable. Et le festival de caméos est comme une cerise sur le gâteau. Reconnaîtrez-vous Christophe Lambert ou Dolph Lundgren ? De plus, le travail d’écriture des personnages secondaires est admirable. Les Coen ont distillé une quantité de détails savoureux qui les rendent tous uniques, attachants, truculents parfois. Mention spéciale (je n’ai pas pu m’en empêcher) pour Channing Tatum et son superbe numéro de claquettes !

Avec ce nouveau film en ouverture de la Berlinale, les Coen nous proposent une très belle leçon de vie, celle du chemin difficile mais aussi celle de la passion, et la leur c’est bien le cinéma, magnifié dans cet hommage nostalgique.

4 / 5

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