Au bout du conte

Au bout du conte

Pour son quatrième film en tant que réalisatrice, Agnès Jaoui s’est inspirée des contes pour nous parler d’amour et de croyance. Elle fait à nouveau appel à son compagnon d’écriture, huit films écrits ensemble, malgré leur séparation à la ville.

Laura croit aux signes de son rêve et de sa voyante. Nina, la nièce de Laura, croit un peu trop en Dieu du point de vue de ses parents. Marianne, la mère de Nina, croit en les petits bonheurs de la vie. Pierre, le moniteur d’auto-école de Marianne très cartésien, hésite à croire qu’il va mourir le 14  mars comme le lui a annoncé une voyante. Sandro, le fils de Pierre, ne croit pas assez en lui même.

Voilà un film qui pétille. Agnès Jaoui a la bonne idée de choisir des personnages tous liés les uns aux autres par leurs différentes croyances et les événements qui vont se dérouler. Elle ose aussi une mise en scène plus créatrice que lors de ses précédents films, empruntant même ses transitions à l’impressionnisme. Comme à leur habitude, les dialogues de Jaoui et Bacri sont cinglants, drôles et nous racontent de beaux personnages, tout en relief. On retrouve dans ce conte un peu de Peau d’âne, de Belle au bois dormant, de Cendrillon…

Les directions que prennent le film sont surprenantes, mais la morale de l’histoire ne m’enthousiasme pas. C’est à mon sens son gros défaut.

Ce film est donc une bonne surprise, un conte pour enfants, miroir pour adultes, sur l’amour, sur le couple, teinté de fantaisie (et d’éclats de rire dans la salle) mais ancré dans un réalisme finalement assez dur.

3 / 5

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