Attila Marcel

Attila Marcel

Sylvain Chomet est un célèbre réalisateur de films d’animation, Les Triplettes de Belleville et L’Illusionniste, c’est lui. Il a décidé de tenter l’expérience du film en prises de vues réelles. Il avait déjà pu s’y essayer lors d’un court métrage dans le film Paris je t’aime, notamment parce que l’animation coûtait plus cher que le film « live ». Attila Marcel, personnage principal du film et titre éponyme, est d’abord une chanson tirée de la bande originale des Triplettes de Belleville.

Paul est un pianiste d’une trentaine d’années. Il vit chez ses deux tantes Annie et Anna, professeurs de danse restées comme coincées dans les années 70. Paul est mutique et ne parle jamais, traumatisé par la perte de ses parents, alors qu’il était enfant. Mais il rencontre Madame Proust qui pourrait bien l’aider à retrouver la mémoire.

Attila Marcel propose beaucoup de belles choses audacieuses : des scènes chantées lorsque Paul rêve, des chorégraphies mêlant combat et danse (les acteurs sont aussi des danseurs), un personnage mutique campé par Guillaume Gouix qui ne joue qu’avec ses yeux et qui s’exprime par la musique (parfois même la musique commence alors que l’on attendait ses mots)… Le tout est emballé dans un double paquet, celui de la noirceur et celui de la poésie. A priori ça donne envie.

Cependant, le film tente de nous raconter mille choses : l’écologie, l’enfance, la violence faite aux femmes, la liberté de choix, la pression sociale… Sans vraiment développer ces thèmes. Ils sont un peu balancés comme ça au cours du film. Ce dernier explore également la psychanalyse de façon assez décalée et même efficace à travers les madeleines et les infusions de Madame Proust. Mais son personnage est caricatural, comme la plupart des personnages du film. On a donc un peu de mal à s’y attacher. A partir de là, ça a beau être inventif, rétro, sympathique, le film ne marque pas.

En théorie, le film avait tout pour être parfait. Malheureusement, il lui manque un je-ne-sais-quoi pour me toucher. Ça lorgne parfois vers du Jeunet mais sans en avoir ni l’ampleur, ni la précision. Il me laisse de marbre et c’est presque avec tristesse que je ne ressens rien en sortant de la salle.

 

 

2.5 / 5

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