Argo

Argo

Après les succès d’estime et au box office de GONE, BABY GONE et THE TOWN, le revenant Ben Affleck aurait pu s’attaquer à n’importe quel projet. Fin stratège, le voilà s’emparant d’un morceau d’histoire des Etats-Unis pour livrer un film efficace, précis et au suspense haletant. Oui, même si on sait qu’à la fin le bateau coule… Enfin, vous nous aurez compris.

ARGO, késaco? En 1980, la tension monte en Iran où l’ambassade américaine est envahi par des manifestants, et une cinquantaine de personnes prises en otages. Six parviennent à s’échapper et trouver refuge à l’ambassade du Canada. Dès lors, comment les rapatrier alors que les américains sont persona non grata sur place. La CIA envoie son meilleur agent exfiltrateur, à charge pour lui de trouver une idée pour ramener vivant les six rescapés… et ce sera par un faux tournage de film. ARGO, vrai titre d’un faux projet, celui d’un film de science fiction (on sort à peine de STARWARS) dont les repérages se passeront en terrain hostile, et où les six américains devront jouer le jeu d’une fausse équipe de film. Vrai ou faux, peu importe, l’histoire est totalement cinématographique, invraisemblable et rocambolesque. C’est sans doute pour cela que ça fonctionne, et qu’on est happé par le récit.

Affleck parvient effectivement à nous faire croire à tout ça, grâce à une reconstitution historique parfaite, et un timing très performant. La pression est constante, mais quasi invisible, et on suit l’histoire jusqu’à la dernière minute avec la plus grande attention. En profitant au passage pour élaborer une (mini) parabole sur Hollywood (le duo Arkin/Goodman est excellent), l’enfant terrible du cinéma US, récompensé puis passé à la lessiveuse de films aux succès moindre, s’en sort avec les honneurs pour son troisième film, morceau d’histoire et de bravoure assez insensé. C’est bien pour cela qu’on y croit.

3.5 / 5