Anchorman : Légendes vivantes

Anchorman : Légendes vivantes

Dire qu’on l’attendait serait un peu timide. L’annonce d’un deuxième épisode pour ANCHORMAN mettait fin à un fantasme de fan : le retour de Ron Burgundy, présentateur vedette, est une originalité dans la filmographie du comédien-scénariste-producteur Will Ferrell, confirmant le statut à part de ce personnage parmi tous ceux qu’il a pu incarner.

Burgundy et sa moustache, c’est la plus belle réussite de Ferrell. Le film le plus frappa-dingue, et celui qui colle le mieux à la physionomie du comédien. De cet présentateur de JT à la masse, de son équipe de formidables idiots, Ferrell et ses comparses signent une suite dans la lignée directe du premier. Presque trop d’ailleurs, tant le rythme et les péripéties pourraient être copier-coller. Et pourtant, rien n’y fait, on adore.

Avec une certaine idée de notre tolérance humoristique, Ferrell ne se gêne pas pour bousculer l’humour familial américain. Non sans ironie, il joue avec son récit sur les codes de l’époque (1979/1980), les différences sociales ou l’absurde total (Steve Carell, extraordinaire). ANCHORMAN 2 fait dans le plus haut, plus loin, plus fort, et sans timidité aucune. Cette absence de politiquement correct, qui pourrait faire grincer des dents, est la marque de fabrique de ce quatuor d’énergumènes basiquement américain, et on ne le regrette pas.

Pour Ferrell, Ron Burgundy est sa vitrine, le film (les deux dorénavant) et le personnage qui lui offrent une liberté totale. Le voir remettre la moustache pour un nouvel épisode était donc nécessaire (si vous aimez le genre – on peut penser que cela ne s’adresse réellement ici qu’aux fans hardcore), pour l’hommage.

PS: et toujours sur le même modèle, l’apparition dans une des scènes finales d’illustres caméos suffit à rendre le film unique. Et indispensable.

4 / 5

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