Pourquoi parle-t-on de culture foot ?

🕘 31 août 2017

Bielsa : génie ou imposteur ? Où va l’OM Champions Project ? Benzema doit-il jouer en équipe de France ? Le foot raffole de ces questions qui condensent passion, fierté et émotion pour certains, l’intérêt et la dramaturgie de TPMP pour d’autres.

C’est certain, le foot est clivant.

Pour beaucoup – et même des gens biens – le foot n’est qu’un sport joué par des gamins surpayés qui se contentent de courir derrière un ballon pour le mettre dans une cage. On entend souvent dire que les joueurs de foot ne sont que des imbéciles, parfois illettrés, acclamés et supportés par des gens encore plus imbéciles. On entend aussi que le foot ne serait que l’expression ultime d’un capitalisme outrancier.

Soyons clairs, il y a beaucoup d’oseille dans le foot, et c’est indécent. Pourtant, les clichés sont toujours idiots. En se penchant sur le jeu et sur l’histoire du jeu, on se rend très vite compte que le foot – avec ses dérives – a toutes les raisons de créer l’engouement qu’il suscite.

La beauté

Avant de nous intéresser au contexte qui entoure le foot, intéressons nous au terrain. “Le plus important, c’est le terrain”, comme le dit l’un des poncifs les plus répandus de notre bonne vieille Ligue 1 Conforama.

Le foot c’est un sport d’esthète.

Comment ne pas se régaler devant l’Ajax de Cruyff, le génie sulfureux de Maradona, le Barça de Guardiola ou la conduite de balle d’El Flaco… Le football est le seul sport qui permet de trouver son plaisir, quel qu’il soit : le tir, le manieur de la balle, l’obstiné de la passe, l’architecte tacticien, le tacleur fou. La variété des phases de jeu fait qu’une sensibilité se développe pour un moment, une action en particulier. Si tous les goûts sont dans la nature, on trouve dans le foot une diversité des plaisirs rare, et l’esthétisme.

En 2006, Zidane a dansé sur le Brésil. Chaque touche de balle se transformant en messe, le virtuose nous a offert une prestation extraordinaire à l’épilogue de sa carrière qui a fait rayonner le football dans tout le pays. Les gestes qui ont marqué l’histoire du foot l’ont avant tout fait par leur beauté. C’est la première façon d’apprécier le sport, celle qui éveille l’intérêt et l’étonnement. Tout le monde se souvient de sa première fois avec le foot.

On voit aussi des trucs plutôt sympas en tribune.

Bien sûr, le connaisseur trouvera une sensibilité qu’il est très difficile d’expliquer à un néophyte, mais la beauté est bien là.

Un exutoire social

Le foot est universel jusqu’au bout des règles, jouable partout, tout le temps et avec très peu de choses.

Il a surtout réussi à gagner une place dans la société qui dépasse le terrain et la sphère des supporters. En Amérique du Sud, les plus grands intellectuels utilisent le football comme un instrument de compréhension des évolutions sociales. Le sociologue Eduardo P. Archetti met en évidence le lien entre l’appropriation d’un style de football, et la construction de l’Amérique du Sud moderne.

En 1986, à la 55ème minute du quart de finale de la Coupe du Monde, les dribbles chaloupés de Maradona éliminent l’Angleterre et représentent la vengeance populaire de l’Argentine dans la guerre des Malouines. Maradona déclarera lui même : « C’était une finale pour nous. Il n’était pas question de gagner un match, il s’agissait d’éliminer les Anglais. Je n’oublierai jamais cette rencontre ». Le but du siècle souligne à quel point les gestes des génies ont une portée extraordinaire, comme des réponses à l’implacable machinerie du système. 

Les joueurs sont les représentants les plus visibles du football, comme les acteurs sont les têtes d’affiche du cinéma. Le comportement d’un acteur ne remettrait jamais en cause la légitimité cinéma, pourtant, ce procès est fait au foot, malgré sa portée, son histoire et ses institutions.

Le foot chez onlike

Nous, on essaye d’expliquer le foot, de donner nos avis et vous faire réagir. Pour trouver les derniers résultats, il y a des sites et des applications de qualité. Notre but ? Vous faire découvrir la culture foot, vous verrez, c’est sympa.

 

Article co-rédigé par Chris Firpion et Mehdi Guecem.


🕘 31 août 2017