Premier album de cette singer-songwriter suisse, Monday’s Ghost a le mérite d’installer tout de suite l’auditeur dans le registre folk de Sophie Hunger. Peut-être un peu trop bien installé d’ailleurs, car le début de l’album est de loin la meilleure partie de l’ensemble. Un trio de pistes (Shape – Round and Round – The Tourist) qui constitue la meilleure promotion pour l’artiste, laissant ensuite le reste à plus de diversité instrumentale (harmonica, flûte, trompette…)
Mais d’une façon générale, l’énergie dévoilée au début du disque s’essouflle lentement à mesure que les titres s’enchaînent, et c’est finalement dommage car ces pistes plus calmes sont présentes en grande majorité. L’influence de Jeff Buckley y est néanmoins très présente comme sur le morceau éponyme Monday’s Ghost, où un mélange de rage et de tristesse s’empare à la fois de la voix et de la musique. Plus loin, Sophie Hunger se rapproche plutôt de PJ Harvey avec The Boat is full, tandis que sur Walzer Für Niemand, elle rend hommage à sa langue maternelle en chantant en allemand (au cas où vous ne l’auriez pas deviné dès le titre).
Il n’empêche, en glissant lentement vers la douceur — et a fortiori en se « débarrassant » des pistes les plus rythmées dès le début — Monday’s Ghost fait un choix et prend un risque : celui de ne pas satisfaire complètement ceux qui auront été séduits par le démarrage. A l’inverse, elle saura combler les amateurs d’acoustique à la recherche d’intimité et de proximité avec l’artiste.
3 / 5