Muse – Black Holes And Revelations

Si c’est cela le Muse de 2006, alors il traîne derrière lui deux énormes boulets : Showbiz et Origin Of Symmetry . Mais pour autant, ce n’est pas parce qu’un groupe décide de changer de style qu’il doit nécessairement se faire jeter des pierres. Dans le genre, Black Holes And Revelations aura suscité bon nombre de reproches avant même sa sortie. Des reproches plus ou moins justifiés d’ailleurs. Mais pouvait-on vraiment feindre un étonnement quand le trio britannique nous avait précédemment livré un Absolution déjà dénué de charisme par rapport à ses prédécesseurs ? Oubliez définitivement le Muse des débuts, voici bel et bien ancré le nouveau Muse, et il est moins bon, tout simplement.

Le constat s’impose rapidement : à vouloir élargir son répertoire en faisant des chansons complètement indépendantes et différentes (dixit le groupe lui-même), voici un disque rempli de sonorités déjà entendues ailleurs, et pour certaines la copie est flagrante. Pourtant, tout ne démarre pas d’une mauvaise façon, bien au contraire : la lente montée de Take A Bow possède ses charmes pour l’amateur du groupe. De plus, il enchaîne avec Starlight, tout simplement le meilleur titre de l’album ; ou l’un des meilleurs car certains pourront y préférer le premier single Supermassive Black Hole où l’on peut reconnaître des accents de Prince. Et c’est le début de la « foire aux références ». Map Of The Problematique sans être complètement raté, semble provenir d’un croisement entre Prodigy et Robert Miles, tandis que Soldier’s Poem sonne comme du mauvais Elvis et rappelle Gospel Song des BRMC.

C’est aussi la fin de la bonne partie de l’album, car le reste enchaîne avec des titres plus « mégalomaniaques » les uns que les autres, un syndrôme malheureusement bien connu chez Muse : Invincible dans lequel on pourrait trouver du Rage Against The Machine (les guitares de Killing In The Name) ; pour l’intro d’Assassin ou Exo – Politics les références aux groupes de metal deviennent trop nombreuses. City Of Delusion semblent avoir emprunté au Rendez-Vu de Basement Jaxx, tandis qu’Hoodoo sort un peu du lot avec ses accents hispanico-arabisants assez plaisants mais le titre se plombe lui-même en faisant intervenir un piano classique et puis les sonorités déjà entendues qui le dénaturent complètement ; un terrible gâchis. Et pour finir dans le grand-guignol, la chevauchée fantastique de Knights Of Cydonia nous déterre du Blondie et du Queen mélangés à des génériques de dessins animés japonais.

En fait, chacun pourra y trouver ses propres références, mais à moins de commencer sa culture musicale avec l’écoute de Black Holes And Revelations (ce qui, au passage, n’est pas très judicieux), il n’y aura finalement rien de nouveau à l’horizon de Muse. Enfin si, pour le groupe c’est complètement nouveau, mais que c’est loin du génie entendu sur les deux premiers albums ! Loin, loin…

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PUBLIÉ LE 04.07.2006, PAR :

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