Frank Ocean. Channel Orange. On dirait le nom d’une fragrance. Et ne nous y trompons pas, nous avons affaire là à de la haute couture musicale, pour ce qui s’apparente à un monument du r’n’b.
Difficile de trouver le bon angle pour parler de Channel Orange. On pourrait déjà s’arrêter sur sa pochette, sobre, qui rappellera forcément un opérateur téléphonique (surtout à nous Français). Et pour ne rien améliorer vous entendrez dès la troisième seconde de l’album une notification iPhone, décidément ça ne vous lâchera pas tout de suite. Pochette sobre donc, mais efficace. Impactante quand vous la croisez. Et le contenu ne vous décevra pas…
Pourtant vous le savez peut-être, le r’n’b n’est pas vraiment un genre musical très présent à la rédaction d’Onlike. Mais il y a des exceptions qui sonnent comme des évidences. Si vous deviez n’avoir qu’un album de r’n’b dans votre discothèque 2012, on se lance, ça sera celui-ci. 17 titres (des petites séquences interludes de quelques secondes parfois), une heure de musique. Une heure d’expérimentations et d’arrangements tellement brillants qu’ils en deviennent universellement appréciés.
Les morceaux s’étirent, de 39 secondes à près de 10 minutes, sans provoquer le moindre dérapage. La voix de Frank Ocean coule dans les oreilles comme une invitation à la détente, tout en imposant son rythme, ses featurings (John Mayer, Andre 3000…), ses mélodies.
Parmi cette ambiance (souvent lounge) qui défile doucement et sans obstacle, un passage se dégage rapidement, pour devenir le point de rendez-vous de Channel Orange : l’enchaînement Pyramids (le fameux morceau de presque 10 minutes) suivi de Lost. Le premier est un peu le morceau-phare : d’abord parce qu’il est long, mais surtout parce qu’il est construit comme un hymne, où chaque nouveau temps impressionne encore plus que le précédent, sans relâche. Le second s’apparente plutôt au single en puissance : incisif, évident, universel. Le titre que tout artiste rêve de balancer sur les ondes pour se faire connaître et établir sa notoriété. Lost devient ainsi la clé qui ouvre un coffre-fort blindé de merveilles. Et Frank Ocean, avec Channel Orange, explose l’année 2012 dans le registre du r’n’b, rien que ça.
4.5 / 5