Mark Oliver Everett est un personnage incroyable. Connu aussi sous le nom de Mister E, il produira 2 albums en 1992 et 1993 sous cette seule lettre, "E". En 1996 il pose les fondations d'une nouvelle formation, "Eels", toujours portée par son écriture déprimée et sa productivité débordante (End Times n'est rien que le 12ème album d'Eels).
C'est que ce bonhomme est un solitaire (pas forcément par choix) et un angoissé, un craintif. Il a peur de vieillir, peur de l'échéance finale, peur de l'inéluctable. Et son inspiration commence parfois à porter des marques de fatigue. De l'excellent Beautiful Freak à End Times, 15 années se sont écoulées, abandonnant peu à peu dans chacune de ses oeuvres une partie de lui même, laissant de plus en plus d'importance aux textes et poursuivant son approche mélodiques tournant toujours soit autour d'un orgue, d'un clavier ou de très légères guitares acoustiques ou légèrement saturées, soit laissant déborder sa colère sur fonds de guitares électriques. C'est que Mister E a besoin d'exorciser ses craintes et il le fait si bien qu'il nous les communique, au son de son timbre de voix toujours aussi caractéristique.
End Times est son oeuvre la plus noire. Oui, et pour le coup, la ou il a toujours été clair, c'est qu'il n'incarnait pas le bonheur et l'épanouissement. Mais avouons le, sur "Electro-Shock Blues" et "Daisies of the Galaxy", Mister E avait su parler tout autant de ses désespoirs mais les rythmiques et riffs de ses titres donnaient plus fréquemment de l'optimisme au pessimisme de ses textes. Même si le titre "Paradise Blues" fait le lien avec l'inspiration de ses premiers albums, End Times a pour vocation de nous faire passer le message que l'amour est éphémère et que la fin du monde pourrait être proche. A part "Gone Man" et "Nowadays" qui nous extirpent de ces profondeurs abyssales et nous font trinquer (presque joyeusement) à cette coupe pleine et "Unhinged" qui provoque un moment de colère vocale retenue, le reste sert totalement l'ambition de Mister E. Au bout du compte, l'album est convainquant car il fait écho à ces moments de doute que nous avons tous connu et dont nous gardons des traces indélébiles.
Mark, on adore ta musique et l'on pourrait craindre qu'End Times ne soit un testament. Ton inspiration démontre qu'il y a du merveilleux ici bas. Reprends pieds et reviens nous avec tout ce potentiel de joie que nous sentons derrière ton inspiration
Eels – End Times
Honnêtement, ça ira vite. J’adore Eels, malgré cela j’ai toujours regretté un certain manque de pêche au fil des albums. Si le précédent Hombre Lobo m’avait beaucoup plu par sa manière de retracer les différents styles du “groupe”, je trouve que End Times a perdu en originalité.
Raison principale : un rythme trop calme donc. J’ai immédiatement confirmé ce sentiment dès que le tempo s’accélère sur certaines pistes (Gone Man, Paradise Blues) qui réveillent un peu — et heureusement — une écoute bien trop tranquille. Surtout lorsque vous arrivez sur l’interlude High And Lonesome qui est un enregistrement d’une pluie d’orage… bon, on oublie.
End Times, comme tout album de Eels, est d’une très bonne qualité. Mais parfois ça ne fait pas tout. J’en suis le premier attristé mais je ne peux pas faire abstraction de mes regrets au moment de donner mon avis dessus.
Laisser un commentaire
- avis n°2
Eels est un groupe de rock américain dont l'élément central est Mark Oliver Everett, auteur, compositeur, interprète et multi-instrumentiste ayant déjà enregistré quelques albums sous le pseudonyme de « E » précédemment à la formation du groupe. Everett choisit les musiciens qui l'entourent en fonction des besoins du moment, le seul point fixe étant Jonathan « Butch » Norton à la batterie. La première incarnation de Eels est en outre composée de Tommy Walters à la basse. Leur premier album, Beautiful Freak, sort en 1996.

- The Beginning
- Gone Man
- In My Younger Days
- Mansions Of Los Feliz
- A Line In The Dirt
- End Times
- Apple Trees
- Paradise Blues
- Nowadays
- Unhinged
- High And Lonesome
- I Need A Mother
- Little Bird
- On My Feet
Prolongez la lecture avec ces suggestions
onlike c'est 1501 articles, 1655 commentaires et 110 followers. Et ouais.



Inimitable Eels... Un album calme et un brin triste, qui véhicule ces émotions qui font qu'on les aime.
2010-05-26