Damon Albarn – Dr Dee

Non, non et non, Damon. Tu peux faire tout ce que tu veux avec des groupes, des pseudonymes, des collaborations, mais sous ton seul nom à toi, ton premier album solo, était-ce vraiment ce que tu voulais nous faire entendre ?

Car tel un mauvais rêve, Damon Albarn, qui résonne chez Blur, Gorillaz, The Good The Bad and The Queen, nous livre avec ce Dr Dee un opéra des plus soporifiques, à grand renfort de cloches d’église, de piaillements d’oiseaux, de choeurs lyriques et religieux. Alors certes, peut-être me manque-t-il des oeuvres de l’artiste pour être exhaustif dans la chronique, comme Mali music ou Monkey, Journey to the West, l’autre opéra (pop). Cependant, on est en droit de penser que dans la tête du public, « Damon Albarn » ne sonne pas comme ce Dr Dee.

Alors, est-ce un choix délibéré ? Pour brouiller les cartes, renforcer son aspect touche-à-tout, multi-facettes, Damon Albarn aurait voulu apposer son nom sur un genre très particulier plutôt que de prendre un nouveau pseudonyme, voire monter un nouveau mini-groupe pour ce projet. Seul constat : il assume pleinement ses 18 titres (dont un seul dépasse 4 minutes) pour former un album que l’on s’attend finalement à regarder du haut d’un balcon dans un théâtre qu’à écouter dans son salon ou en transport. Toujours est-il qu’avec cette absence de rythme, cette voix lancinante, ses instruments très épurés, Dr Dee raconte plus qu’il ne chante à nos oreilles. Le message est passé : Damon Albarn est un créateur (on le savait déjà) d’opéras du XXIe siècle. Nous sommes très loin de la britpop pour sûr. Nous sommes loin de beaucoup de choses, en fait. Et l’accueil déjà reçu par l’album me laisse croire que je ne suis pas le seul à être dérouté. « A vous de juger ».

1 / 5 Envie de découvrir notre Top Albums 2014 ? Cliquez ici.
28.04.2012, L'AUTEUR :
✪ 2393 articles sur Onlike ✪

Allez plus loin en Albums avec