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Calexico est un groupe indie rock de Tucson, et ce côté très “vieille Amérique” s’en ressent fortement. Les leaders sont Joey Burns et John Convertino. Sous le nom de Calexico, Joey Burns et John Convertino, section rythmique de Giant Sand, produisent des disques d’atmosphère, hors du temps, véritables invitations au voyage et au rêve. Albums magnifiques où la lenteur et l’indolence sont érigées en art de vivre. Feast of Wire, avec sa beauté discrètement ravageuse, ne déroge pas à la règle. Cinquante neuf minutes inestimables, envoûtées et envoûtantes.
Sunken Waltz : Vous avez intérêt à aimer car le ton est donné. Lenteur rythmée juste comme il faut, instruments authentiques et surtout pas électriques, voici tout le charme du groupe, porté par cette voix envoutante. Bienvenue dans un western musical.
Quattro (World Drifts In) : avec plus ou moins les mêmes instruments, Calexico réussit à produire des morceaux différents mais un charme unique à l’album. Exploit : faire passer des cuivres (légères trompettes) alors que je déteste ça. Bon d’accord, y’en a pas beaucoup sur le morceau.
Stucco : petit interlude de 24 secondes, inutile, mais agréable.
Black Heart : cette chanson commence comme du Portishead (avis aux amateurs). Lenteur criante, et Beth Gibbons remplacée par cette voix masculine tout aussi efficace. Ouaip, du Portishead façon western. Une de mes chansons préférées.
Pepita : fameuse chanson reprise par Adidas pour sa pub où Beckham, Zidane and co courent avec Mohammed Ali. Instrumentale, c’est peut-être celle que vous connaissez du groupe du coup. Elle ne donne pas toute l’ampleur de l’album, il faut approfondir.
Not Even Stevie Nicks… : excellent petit morceau rock acoustique avec les voix du groupe. Ce qui me fait dire que Calexico n’est pas qu’un groupe à musique, c’est aussi un groupe à texte. Il faudra que je vous en trouve.
Close Behind : instrumentale aussi, rythmée (avec quelques trompettes), on dirait une chevauchée dans un canyon. C’est là où l’on entend le plus les violons utilisés. Magnifique.
Woven Birds : très lente, pas la meilleure de l’album, mais elle ajoute un peu plus de cachet et de diversité.
The Book and the Canal : Instrumentale au piano, on la croirait sortie de la BO d’un Final Fantasy (piano collection bien sûr).
Attack El Robot ! Attack ! : Super originale (instrumentale), avec utilisation de bruitages électros ! Et pourtant, trompette aussi, ça ne dénature absolument pas l’album. Un coup de génie, quasiment indescriptible.
Across The Wire : Whaouh, vous voilà au Mexique, en train de faire la fête un soir. Malgré les paroles en anglais, cette chanson dépayse vraiment. Idéale pour aller diner au petit mexicain du coin.
Dub Latina : Un petit côté mélancolique sur cette chanson (magnifique aussi, je me répète). Instrumentale, chargée d’émotion. C’est beau.
Guero Canelo : Sympa comme tout, ce n’est pas l’une des pièces maîtresses de l’album, mais son côté latino donne envie de bouger (d’ailleurs, je bouge, en tapant ce texte). Petite paroles en espagnole (par exemple “Damé un beso” : donne-moi un baiser).
Whipping the Horse’s Eyes : Courte (1’27″), instrumentale, assez sombre, indescriptible finalement, donc j’arrête là. Il faut la prendre comme un interlude.
Crumble : C’est une chanson jazz ! Voilà pourquoi certains chroniqueurs parlent d’un voyage du Mexique à Manhattan avec cet album. Sans doute la chanson la plus à part, elle plaira aux amateurs du genre. Elle aussi instrumentale.
No Doze : Summum de la lenteur, la voix est chantonnée doucement, le rythme est pesant. Elle ne plaira pas à tout le monde c’est sûr. On va dire que c’est la moins bonne chanson de l’album.
Corona : Nous revoilà partis au Mexique, ou pour un rodéo, pour la fiesta. Géniale et entraînante. A mettre dans son autoradio pour une virée sur une route déserte…
Si Tu Disais : Petite ballade à la guitare acoustique et électrique (en anglais, malgré une petite fille qui murmure “si tu disais” au début de la chanson). Mélancolique, également chargée en émotion, et ces trompettes pour rappeler le cachet Calexico. Un excellent choix.
Fallin’ Rain : Pour terminer, une vraie chanson de fin. “Feast Of Wire” est un film, un western évidemment, et “Fallin’ Rain” est la chanson finale où défile le générique. Rallumez les lumières sur ce doux morceau de country, retournez à cette vie pleine d’informatique et d’électronique. Et quand vous recommencerez à saturer, reprenez Feast Of Wire, déconnectez-vous pendant une heure là-bas, dans ce hamac au Mexique qui vous attend, à l’ombre de ce soleil pesant…

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