Delphic – Acolyte

- Clarion Call
- Doubt
- This Momentary
- Red Lights
- Acolyte
- Halcyon
- Submission
- Conterpoint
- Ephemera
- Remain
Au départ je n’ai pas accroché à Delphic. Et si mon avis final reste mitigé, il est déjà moins négatif qu’au départ. Delphic est un groupe de Manchester, dans le genre électro-alternatif qui n’est pas sans rappeler Radio 4 (que personnellement j’adore) et qu’il n’est donc pas étonnant d’avoir vu en première partie de Bloc Party. Sur certains titres de leur premier album Acolyte, on trouvera même des sonorités proches des Chemical Brothers. Bref tout ce petit monde est assez lié et pour Delphic ce n’était pas forcément évident de se faire une place.
Disons-le, le succès de Delphic s’est surtout fait en 2009 avec quelques titres dont certains ont été des singles. Pour les connaisseurs de la première heure, Acolyte ressemble donc plutôt à un recueil de ces hits déjà connus, une grande joie du côté fans. Il faut ainsi reconnaître que les autres morceaux, pas connus, n’ont pas le même impact.
Dans le détail donc, Acolyte est porté par ses ambassadeurs que sont — dans l’ordre d’apparition sur l’album — Doubt, This Momentary, Submission, Counterpoint. A côté d’eux on trouve des pistes tout aussi intéressantes mais pas forcément aussi captivantes. Mention spéciale à l’éponyme Acolyte, instrumental qui sonne parfois vraiment comme du Chemical Brothers (calme puis dansant et progressif : il dure presque neuf minutes…) mais qui souffre aussi d’un certain manque d’inspiration. Ceci étant presque compensé immédiatement après avec Halcyon, pour moi la vraie bonne découverte sur l’album.
Mais au final, c’est le reproche que l’on pourra formuler à Delphic : des creux dans ses pistes, nous laissant un peu sur notre faim. Ce n’est pas très grave, Acolyte a su tirer partie de ses atouts pour se générer un public fidèle et lancer la carrière du groupe.






Les Delphic font le buzz outre-manche et l'on entend beaucoup parler d'eux comme d'une incroyable révélation. Cela donne forcément l'envie de rencontrer ce talent par une écoute attentive. Alors les effets d'annonce, leur comparaison aux immenses Joy Division et New Order et la réalité de ces influences, leurs indéniables emprunts au Post-Punk et à la New Wave des eighties n'ont-elles pas déjà défloré nos tympans ? Sommes-nous prêts à accueillir l'oeuvre des Delphic ou ne risque-t-on pas tout simplement de les crucifier sur un autel délabré et désaffecté où les fans de leur pairs venaient cracher leur rage dans des transes angoissées et ténébreuses ? Peut-on se laisser aller à une écoute virginale sans s'imposer une amnésie partielle de nos souvenirs de deux décennies musicales, de la fin des années 70 à la fin des années 90 ? Où faut-il saluer la prise de risque ou le culot énorme de ce groupe, croire au contraire qu'ils sont en train de marquer un nouveau virage et répondre aux attentes d'un public qui a soupé des Strokes, des Libertines et autres White Stripes et Franz Ferdinand, restant assoiffé d'extases corporelles frénétiques conduisant jusqu'à la catalepsie ?
2010-02-21Alors ce qui est certain, c'est que Delphic nous extirpe des dogmes en vigueur et expose une œuvre qui s'assoie sur les conventions de l'Indie-Rock des années 2000 et propose une véritable alternative au conformisme que suivent ou dans lequel ont sombré leurs contemporains. Et c'est vrai, on ne peut pas dire que l'écoute d'Acolyte surprenne, non, ces ambiances nous les avons déjà rencontrées, ces sonorités de lourdes rythmiques, ces bruitages vintages Bontempi, ces nappes synthétiques vaporeuses et ses boucles enregistrées sur un séquenceur poussiéreux sont celles retrouvées dans un fond de commerce abandonné depuis longtemps maintenant. Non Delphic ne donne pas le sentiment d'apporter quelque chose d'original mais il faut reconnaître que le travail est soigné, d'une précision d'horloger suisse et de nature à provoquer de violentes convulsions. Acolyte donne une envie irrépressible de se mettre en mouvement, une sensation de vitesse et d'euphorie, une bonne humeur contagieuse, un besoin de communion collective sur une piste embrumée, aveuglé par des spots d'une couleur délavée.
Chercher à retrouver telle ou telle influence dans leurs différents titres serait chose aisée donc, mais les Delphic ne seraient-ils pas, finalement, les portes parole d'une génération en état d'urgence, crachant son impatience de quitter le chemin trop orthodoxe de l'Indie de ces dernières années ? Ne seraient-ils pas les conducteurs fous d'un bolide dont ils auraient perdu la maîtrise et dont l'ambition serait de pulvériser les rails de sécurité imposant une étouffante soumission à des règles dépassées ? Quoi qu'il en soit, les Delphics ne laissent pas indifférents, il se dissimule quelque chose sous les portées d'Acolyte qui pousse en fin de parcours à réécouter l'ensemble d'une traite. Et se pose toujours cette même question, ai-je bien entendu, comme s'il était difficile finalement de se faire réellement un avis.