Welcome to OnlikeAprès quatre ans d’absence largement comblés par la sortie d’un best-of et d’un live, il n’y avait guère que les fans à attendre impatiemment un nouvel album des Red Hot Chili Peppers. Et quel nouvel album : deux disques copieusement remplis (pas comme certains… d’autant que 38 titres étaient à l’origine prévus) intitulés “Jupiter” et “Mars” forment ce Stadium Arcadium riche, varié mais pas forcément original. Il n’empêche qu’il a de quoi justifier son achat pour l’amateur des RHCP qui ne sera ni surpris ni déçu.
Sans surprise non plus, le tout premier titre est le premier single Dani California, qui résume assez bien la teneur générale du disque : pas grandiose, mais pas désagréable. C’est surtout dans le détail qu’il faut remarquer les nuances de l’album, essentiellement dopé par la basse de Michael Balzary (plus connu sous le surnom de « Flea », celui-là même qui était tout malheureux de voir que l’album était piraté sur Internet). L’énergumène, tout comme ses compères, n’a rien perdu de son talent. Anthony Kiedis malgré son image de trublion un peu lourd, est pour beaucoup dans la réussite de l’album. Sur le premier disque, les titres plaisants sont nombreux, Snow, Stadium Arcadium, Slow Cheetah… d’un autre côté on trouve du trop classique comme Wet Sand qui ne parvient pas à convaincre sur son originalité, même si John Frusciante nous gratifie encore d’un solo d’envergure. En outre, on notera que la longueur des pistes (supérieure à la moyenne actuelle) ne nuit absolument pas à leur dynamisme ni à leur enchaînement. Un petit exploit dont Rick Rubin, encore producteur de cet album, n’est pas étranger.
Un premier disque “Jupiter”, un second “Mars”, qui s’ouvre sur Desecration Smile, un titre qui n’a rien d’exceptionnel mais qui transpire à la fois la maturité du groupe (à l’histoire plus qu’irrégulière tout de même, en 23 ans) et illustre son retour aux sources. Un retour qui, combiné avec un nombre de titres variés, permet de se faire une vision générale de leur répertoire : Tell Me Baby, Hard To Concentrate et 21st Century par exemple, bien que s’enchaînant, n’ont quasiment aucun rapport entre eux et cheminent chacun sur un style différent. En revanche, ceux qui connaissent déjà les albums précédents seront forcément moins réceptifs à cette générosité, mais trouveront avec intérêt des pistes comme If jouant sur le registre de la simplicité dans lequel le groupe ne s’aventure que par petites touches mais sans jamais faire d’erreurs pourtant. Ou encore ce sympathique Turn It Again qui place une nouvelle fois Frusciante au premier plan, tant vocal que musical, tandis que le dernier titre Death Of A Martian offre un surprenant jam de Kiedis assez agréable malgré que l’exercice ne soit pas forcément apprécié par tout le monde.
Au total, deux disques, plus de deux heures de Red Hot Chili Peppers avec leur indéniable sens de la mélodie et leur talent, de quoi faire oublier leur côté commercial car l’essentiel est bel et bien là, la musique. Du pur RHCP ; rien de bien nouveau dans l’ensemble, mais des titres qui continuent d’avancer, comme le groupe.
Disque 1 (Jupiter) :
Disque 2 (Mars) :

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Warner Bros avait passé quelques années à l’ombre après l’échec ( amplement justifié ) du Batman & Robin de Joel Schumacher. Les rumeurs les plus folles avaient courues sur la relance de la franchise : Darren Aronofsky, Clint Eastwood devaient tour à tour reprendre le Cape Crusader pour en faire des versions plus adultes. Fini le temps du grotesque et du cirque institué intelligemment par Burton ( très sombre ) mais maladroitement repris par Schumacher qui a transformé Batman en drag queen flashy au costume moule burnes. Bref, tout n’était pas à jeter dans Batman Forever, mais le quatrième avait ravagé Gotham devenu une cité baroque aux architectures irréalistes. Un fantasme finalement trop grand guignolesque pour rendre hommage à un héros finalement torturé et sombre. Burton y avait apposé sa patte, Christopher Nolan se contente de reprendre le personnage issu des comics dans une version sobre et élégante. Du Vingt et Unième siècle dans toute sa splendeur, en somme..
Batman Begins reprend donc tout à zéro. Bruce Wayne vit dans le traumatisme de ses parents assassinés, et cherche une rédemption dans l’accomplissement d’un devoir de mémoire qu’il doit à son père. En cela, Gotham City incarne toute sa vie ; splendeur des temps anciens, et décadence de la modernité. A une citée gangréné par la pègre et la corruption, le “fils de” décide de se consacrer à son rétablissement. Ce qui passe par un chemin de croix que le premier films de Nolan aura maladroitement décrit, entre façonnement d’un héros face à des adversaires extérieurs, et construction du mythe Batman. Avec le recul, si on peut reconnaître des faiblesses au script, c’est surtout l’occasion que se donne le réalisateur de se construire un prologue à son Batman. Un justicier obscur, roi de la nuit, qui pourchasse les criminels et les caïds de la ville pour expurger Gotham de sa vermine. Pas de superhéros ici, ni de superméchant. Juste les représentations du Bien et du Mal sous leur forme les plus communes, et un “Vigilante” qui se donne pour mission de nettoyer tout cela. Une charge personnelle pour Bruce, issue de son traumatisme, et qui incarne la seule façon pour lui d’anéantir ses propres démons : guérir la ville sera son salut.

En cela, on découvre un Batman moins grandiloquent, guidé par des règles très précises, et en constant équilibre sur le fil ténu de la justice. On découvre dès les premières minutes du Dark Knight ce rôle de gardien de Gotham. Pourchassant un Epouvantail devenu revendeur de drogues, le Batman est un mythe pour les citoyens de Gotham City ; tantôt légende, tantôt réel, il disparaît et réapparaît tel un fantôme. Régulant le crime, il lutte constamment contre la pègre et la mafia. Son combat n’étant pas aveugle, il se découvre un alter aego diurne en la personne d’Harvey Dent, le nouveau procureur de la ville ( appelé le “chevalier blanc” pour son combat contre la mafia ). Et pensant son rôle terminé, Bruce est prêt à rendre les armes. On quitte ici le mode superhéros pour se rapprocher des films de justiciers plus classique ; pas question de combattre pour la gloire ou la reconnaissance, Batman en deviendrait presque un fonctionnaire de la Justice, en semi retraite dès qu’un remplaçant potentiel se fait jour. Le deuxième film de Christopher Nolan exploite donc cette dualité, entre un vigilant nocturne et son futur remplaçant, au visage public, qu’un certain milliardaire va tout faire pour placer sur un piedestal afin de sauver la ville.. jusqu’à l’arrivée d’un certain Joker.
Le Joker n’est pas un bouffon de première catégorie. Les frères Nolan le replacent dans le même contexte comme un anarchiste ultime, véritablement sans foi ni loi. Comme le souligne Alfred, il n’y a pas ici de règles à respecter, ou de contre mesure assez efficace pour le freiner. La lutte que mène dès lors le Cape Crusader pour arrêter son arch nemesis sera sans fin. Et va même au delà ; comme le souligne le personnage sublimement interprété par feu Heath Ledger, Le Joker et Batman s’équilibrent. L’un cherche le chaos, l’autre la paix. Le premier sème la terreur et l’anarchie là où le deuxième tente justement de les anéantir. Blanc et Noir, Yin et Yang. Pas de question d’honneur ou d’argent ici, seul compte les faits. On ne saura d’ailleurs jamais vraiment qui, quoi, comment est le Joker. Finalement il n’est que le symbole une nouvelle fois de Gotham City, là où Batman est l’espoir d’un avenir meilleur. Ils ne sont pas en soi les solutions au problème de la ville, mais des éléments de sa possible résurrection. D’ailleurs Bruce Wayne mise tout sur son éventuel remplaçant, mais ce dernier se voit berner par les plans diaboliques du Joker et tombera du mauvais côté pour devenir un être aux ambitions et aux desseins ambigus ; Double Face.
The Dark Knight parle beaucoup d’espoir, de chance et de rédemption. Ses personnages portent le poids de leurs erreurs et de leurs gestes. Le film nous plonge au final dans un monde très réel, et dans un tournant très post 9-11 essaie de démontrer que l’avenir peut être meilleur. C’est d’ailleurs une pointe d’optimisme qui clôt la dernière grande séquence du film avant un final plus succinct sur Double Face. Une mise en scène entre deux groupes d’individus ( des citoyens lambdas et des prisonniers en transfert ) qui démontre un peu ironiquement que Gotham va vers un avenir plus rose.. Même si la scène est maladroite, l’idée est bien là. Et si le Dark Knight un peu amer voit le poids de son combat lui resté sur les épaules, c’est sans hésiter qu’il repart au combat. Encore plus sombre et torturé qu’avant, mais à part lui qui peut donc représenter l’espoir de Gotham??

The Dark Knight n’est pas un film parfait, loin de là, mais est un grand film dans tout ce qu’il représente. Si on peut y trouver bon nombres de petits défauts, toutes ses qualités les rattrapent. Épopée tortueuse nous entraînant dans les bas fonds d’un monde pourri jusqu’à l’os, le salut ne peut venir que d’un homme qui ne vit plus que pour apaiser son besoin de justice. Une quête jusqu’au boutiste, solitaire, qui l’amènera à se confronter à ses démons et ceux d’une ville sans règles ni limites qui s’incarne ici dans un personnage incarnant à lui seul le Chaos. Avec le risque de tomber au niveau du Joker, Batman pourra t-il continuer à rester en dehors des eaux troubles de Gotham?
A coup sûr le film de l’année!
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