Résultat catastrophique pour ce qui doit être l’album intimiste de l’une des plus grandes artistes rock de notre époque. Intimiste certes, mais ennuyeux surtout. Polly Jean, dans un accompagnement instrumental des plus légers, met sa voix en valeur sur cet album White Chalk poussif qui peine à atteindre la demi-heure. Niveau instruments donc, c’est le piano qui prédomine, ayant même droit à sa chanson. Même avec un piano on peut donner du tempo, mais l’artiste semble vouloir délibérément s’en passer.
Et pourtant si l’on adhère à la démarche on ne peut qu’être bluffé par la pureté de quelques morceaux comme l’éponyme White Chalk, ou Grow Grow Grow qui transporte complètement l’auditeur. Mais le problème du disque est grave : absence totale de rythme, cruel manque de renouvellement, et grosse tendance à la déprime. Il est terriblement difficile d’associer le nom de PJ Harvey à la musique contenue dans White Chalk, et c’est bien là le cœur de la déception, quand on a connu des titres comme This Is Love auparavant.
C’est donc le gros ratage de la rentrée, ou alors un carton assuré chez les suicidaires, qui est proposé par cet album. Et ce n’est pas forcément une partie de plaisir que de l’écrire, car on aime Polly Jean, on aime son esprit rock sombre. Mais ce recueil de ballades lancinantes ferait passer James Blunt pour Elvis et ça, ce n’est pas permis.
- The Devil
- Dear Darkness
- Grow Grow Grow
- When Under Ether
- White Chalk
- Broken Harp
- Silence
- To Talk To You
- The Piano
- Before Departure
- The Mountain
- Splash Page Live Link
Polly Jean Harvey, née le 9 octobre 1969 à Yeovil (dans le comté de Somerset, au Royaume-Uni), est une chanteuse et compositrice britannique. Elle a enregistré en tant qu'artiste solo sous le nom de PJ Harvey, mais c'est dans un trio également nommé PJ Harvey (avec Rob Ellis et Steve Vaughn) qu'elle a commencé sa carrière. Polly Jean Harvey a suivi des cours de sculpture au Yeovil Art College. Elle a étudié le saxophone pendant environ huit ans et jouait du saxo dans ses premiers groupes, Bologna et Automatic Dlamini.
Critique un peu vaine qui consiste à reprocher à cet album son humeur.
PJ n’a pas épargnée chaque années son petit bout de tristesse pour avoir matière à faire cet album centré sur la noirceur, qui s’est toujours distillée au fil des albums passés. Pas vraiment nouveau non plus les mélodies ethérées.
Le final à la Diamanda Galas est sublime et aurait dû à lui seul concourir à nous faire l’économie d’une allusion à James Blunt…
Si l’humeur est grise, en revanche, créativement parlant, cet album n’est pas morose, il tourne en boucle sur mon iPod, et promis, je ne carbure pas au Prozac.
25 septembre 2007, 14:53 (#1)Ça me fait finalement plaisir d’avoir un commentaire en désaccord avec la chronique, mais qui sait s’exprimer.
Je reste quand même sous le charme des membres de PJ-Harvey.net…
25 septembre 2007, 16:24 (#2)Bonjour
26 septembre 2007, 7:50 (#3)Un petit peu dure cette critique, il y a deux-trois points qui me gênent particulièrement. Parler de disque poussif en faisant référence a sa longueur reviendrait à critiquer une peinture pour sa taille, ça me parait un peu juste comme argument. Les disques de PJ Harvey n’ont jamais été très longs et cela n’a jamais posé de problème particulier. Parler de problème grave pour l’absence de rythme me parait un petit peu léger comme argument aussi. On a un peu l’impression que tu es déçu de na pas avoir un nouveau « rid of me» ou un nouveau « stories…» .
Je reconnais avoir été un peu surpris à la première écoute, mais c’est le genre de disque qui ne se révèle qu’après plusieurs passages sur ta platine, là j’ai l’impression en lisant ta critique que tu n’y a jeté qu’une oreille légère entre deux disques de punk-rock.
Pour ce qui est de la comparaison avec James Blunt, je pense que tu doit déjà regretter une telle énormité.
ré-écoute ce disque , il en vaut la peine.
F…
Cet album est un chef d’oeuvre et au contraire je trouve ici la PJ Harvey typique, acérée comme je l’aime. Elle ne nous re-sert pas la même soupe froide comme le font trop souvent certain artiste. Bien sur ce n’est pas un album facile d’accès, mais ces mélodies sublimes méritent qu’on s’y attarde. Bref moi j’aime ce côté « suicidaire» mais je dirais plutôt « mise en danger» car pour moi faire de la musique c’est plus que de vouloir coller un sourire niais à son public sur des mélodie déjà entendues 500 fois, sans bien sur citer ni Justice ni Mika…
26 septembre 2007, 10:55 (#4)Si enfin s’apaiser face à ces démons est une démarche suicidaire que faire alors.
26 septembre 2007, 21:26 (#5)J’ai personellement été surpris par ce virage mais quoi de meilleur que d’être désarconné quand on fonce au galop tête baisée Jank
« Résultat catastrophique» … hou, comme la critique est aisée!
26 septembre 2007, 22:25 (#6)Enfin un album qui ne ressemble à rien de ce qu’on peut entendre! Un album étrange qui, dès la première écoute, a réveillé mes oreilles endormies. Loin, bien loin des musiques formatées et bien loin encore des Virtuoses de la musique. Une musique aride, délicate et pas correcte du tout qui ne passera pas à la radio mais qui restera longtemps dans ma platine. Enfin…
Pour qui ne connait pas les motivations de PJ Harvey , cet album peut sembler à première lecture déroutant …
29 septembre 2007, 0:34 (#7)C’est le parfait contrepied musical à tout ce que l’on connait d’elle .
Pour ceux qui ont eu l’occasion de voir ses dernières prestations acoustiques , vous comprendrez …
Pour les autres , rendez vous au grand rex le 16 novembre !
C’est l’album de la rentrée ! 10/10 tout simplement …
En lisant votre critique je me suis dit que cet album ne valait vraiment pas le coup et puis la curiosité l’a quand même emporté -d’autant que j’adore PJ Harvey- dès la première écoute, j’ai tout de suite compris que vous vous trompiez. C’est un album magnifiquement prenant qui ne se lasse pas d’être écouté. Un vrai bonheur tout simplement!
2 octobre 2007, 16:18 (#8)Vous avez eu raison de ne pas vous arrêter à une seule critique. Moi-même j’ai foncé sur cet album après avoir lu beaucoup de critiques élogieuses à son sujet.
2 octobre 2007, 16:27 (#9)Alors je pense que vous avez juste un esprit de contradiction! Mais je ne vous critiquerai pas plus puisqu’apparemment c’est ce que vous aimez.
2 octobre 2007, 16:34 (#10)Non, je crois que ma critique est une critique parmi tant d’autres, à ceci près qu’elle est négative là où beaucoup sont positives. Elle est juste là pour dire que cet album m’a déçu dans son ensemble. Que les fans de PJ Harvey se focalisent sur une seule critique négative noyée dans la masse de critiques positives, c’est leur problème. Ça ne m’empêchera pas de donner mon avis. Je ne pense pas que White Chalk puisse faire l’unanimité (comme d’ailleurs, aucun album) donc ma critique a parfaitement sa raison d’être.
Après, que des personnes ne prennent toujours pas les critiques pour ce qu’elles sont (des avis forcément subjectifs), là encore je ne vais pas leur donner de cours…
En résumé, j’accepte avec plaisir tous les avis (d’accord ou pas, ces derniers étant souvent majoritaires) du moment qu’ils sont pertinents et polis, comme ceux exposés ci-dessus. Les autres sont gentiment zappés.
2 octobre 2007, 16:55 (#11)Désolée, je ne voulais pas vous froisser, mais on ne peut nier que votre critique-toute subjective qu’elle soit-est tout de même assez dure et quelque peu injuste.» personellement» , je trouve que PJ Harvey n’a jamais fait un album semblable aux précédents (et c’est tant mieux me direz-vous)alors lui reprocher de faire quelque chose de totalement en décalage avec le reste ne me semble pas très subtile (je ne dis pas non plus que c’est ce que vous dite). C’est un concept qu’elle défend. En tout cas je le trouve très bien à tout point de vue: le format du CD, une simple pochette qui en renferme une autre et qui ne peut qu’annoncer la simplicité de l’album et de sa durée, l’atmosphère des photos qui témoigne d’une noirceur et d’une fragilité palpable , et en même temps un je-ne-sais-quoi d’enfance- sans doute à cause de cette craie et de certaine chansons qui rappellent les contines… Je ne pense pas qu’il faille être suicidaire pour aimer son album il faut simplement comprendre sa musique qui se renouvelle à chaque, c’est une artiste avant tout… Et je suis bien d’accord avec vous, la critique existe depuis toujours et tous les avis se valent et d’ailleurs vous vous êtes quand même laissé séduire par certains morceaux…
3 octobre 2007, 8:43 (#12)Encore pardon si je vous ai semblé vindicative….
Ça va, j’ai modéré pires commentaires. ;)
Il m’arrive effectivement d’écouter White Chalk bien sûr, pour ce qu’il est, et non pas pour ce que j’attends de PJ Harvey. C’est comme vouloir se donner la pêche en mettant du Sigur Ros, on se trompe de rayon, mais Sigur Ros a toujours été facilement identifiable donc c’est de la faute de l’auditeur. N’ayant pas suivi les récentes évolutions musicales de PJ Harvey je m’attendais à la retrouver « telle quelle» et la déception a sûrement renforcé la sensation d’ennui que j’éprouvais déjà à l’écoute de l’album. Au moins il n’y aura plus d’a priori pour le prochain disque.
3 octobre 2007, 10:55 (#13)Personellement white chalk m’a fait très très plaisir… J’avais trouvé Is this desire en-dessous de To bring you my love, Stories from the City Stories from the Sea en-dessous de Is this desire? et Hu-hu-her (je ne sais même pas l’écrire correctement) en-dessous de Stories from the City Stories from the Sea. Bref pour moi PJ était en train de s’empêtrer dans l’icône « dry-rock» qu’elle n’arrivait plus (vieillissement et usure du genre obligent) à assumer.
Et la, vlan ! rien à voir. Du tout neuf. Elle à compris qu’il fallait changer de cap, ce qui montre que c’est une fille intelligente. A nous de ne pas l’enfermer dans nos nostalgies, et de regarder plutôt le futur que notre jeunesse révolue… Elle a le droit (et même le devoir) de faire autre chose que du PJ Harvey à la mode Dry et Rid of me. Rien de plus déprimant que les vieux de la vieilles (genre Stones, U2 etc.) qui s’entêtent à faire en 2007 la même chose que ce qui a fait leur succès au siècle dernier…
Mais en fait, pour PJ le changement n’est pas si radical. White chalk rappelle par exemple « the river» et d’autres morceaux de Is this Desire?
Côté rythme, j’hallucine un peu par rapport à la critique initiale. Si rythme consistait à faire ‘boom-boom’ 3 fois par seconde, ça se saurait. C’est évidemment à peu près l’inverse. PJ est assez habituée aux rythmes un peu tordus, genre 5 ou 7 temps. Sur White chalk, elle remet ça sur Before departure, avec son piano rythmiquement totalement bancal, sur lequel une autre corde est plaquée très régulière.
Dernier truc : en quoi est-il mal de faire un album suicidaire (ce qui n’est pas le cas de White Chalk, même si l’album est sombre) ? Juste un exemple : Closer de Joy Division.
11 novembre 2007, 12:58 (#14)Amusant de lire cette chronique alors qu’une année s’est écoulée depuis la publication de WHite Chalk. J’ai énormément écouté ce disque en 2008 et il se bonifie à chaque écoute. Disons que comme certaines plaisirs, les chansons de White Chalk sont longues en bouche. Amusant de le voir qualifié de suicidaire, je le trouve plutot contemplatif, très tourné vers l’enfance et les racines. Je conçois que cela puisse ennuyer les jeunes gens adeptes de Justice par exemple. Sans doute un mid-career album, contemplatif et franchement exaltant par instants (le morceau titre white chalk et the piano sont de purs sommets dans la carrière de PJ. Bref, des gros ratages comme celui-ci, j’en veux bien tous les ans.
9 octobre 2008, 23:44 (#15)Si quelqu’un écoute Justice ici qu’il se dénonce immédiatement. L’album n’a pas été chroniqué, c’est bien parce qu’il y a une raison…
10 octobre 2008, 8:01 (#16)J’ai mal au coeur d’entendre que cet album, qui me parle énormément et qui est un des meilleurs albums que je n’ai jamais écouté, puisse être l’objet de telles critiques. Je peux comprendre que tu puisses resentir une impression de vide dans cet album, d’absence ou meme de stérilité. Mais c’est justement de ça dont il s’agit ! N’as-tu pas écouté les paroles de toutes les chansons de l’album ? N’as-tu pas ressenti l’émotion qui le porte tout au long ? La forme de cet album, à savoir sa simplicité, sa sobriété, son registre mélancolique, se mêle au fond, à ce qu’il cherche à faire transparaitre chez Pj Harvey : il est clair que cet album marque un tournant dans sa carrière, mais plus encore dans sa vie de femme. Les sujets qu’elle aborde ne sont pas neutres, les thèmes évoqués correspondent à son évolution, il réellement s’agit de sobriété, de maturité, d’intimité.
13 novembre 2008, 23:12 (#17)Cet album n’est pas décevant, c’est seulement toi qui l’a mal perçu.
Cet album est ce qu’il y a de plus personnel et sincère chez cette artiste qui n’a jamais laissé perçevoir cette partie de sa personnalité dans ces précédents albums. Et je pense que c’est le propre d’un vrai artiste, talentueux : se surprendre et surprendre les autres. Pj, pari réussi