Rush

Ron Howard est bien vivant. Plus que jamais. Coincé entre deux adaptations de Dan Brown, le fils prodigue d’Hollywood n’a pourtant rien perdu de son talent, et revient en force avec RUSH. Histoire vraie d’une confrontation terrible entre deux pilotes, double biographie tournant autour d’un accident tragique et des limites de la folie (mécanique, psychologique) humaine. Un film d’histoires, propulsé à 300 kilomètres/heure, qui propose sur le fond et la forme la plus grande aventure de ces derniers mois, coincé dans un baquet de Formule 1.

Aux premiers abords, ce RUSH semble respirer le biopic classique, et on se demande si Ron ne va pas nous refaire le coup d’UN HOMME D’EXCEPTION, film intéressant, complexé mais peu spectaculaire. A l’inverse ici, Howard a tout pour réussir. Une histoire réelle avec qui repousse les limites de l’héroïsme ou de la folie humaine (où s’arrête l’un, où débute l’autre ?). Celle d’un pilote d’exception, Nikki Lauda, victime collaterale de sa propre guerre ouverte contre un pilote britannique, James Hunt, pour remporter le titre de champion du monde. Brûlé gravement, Lauda remontera apr!s quelques semaines en voiture pour tenter de reprendre la tête du championnat. Un affrontement légendaire sur les circuits, une histoire qui résonne sur grand écran en opposant deux jeunes acteurs avec deux styles opposés. L’allemand Daniel Brühl aligne les rôles d’exception, une carrière peu commune au niveau international où il semble chercher l’originalité. Chris Hemsworth de son côté casse la baraque chez Marvel et semblait loin d’une performance.

Et pourtant, RUSH repose sur une réalisation nerveuse, collée à l’asphalte et sans arrêt jusqu’à la dernière minute, où les deux comédiens principaux se fondent totalement dans le paysage. En cela, on voit ici plus d’Hemsworth (et d’espoir) qu’auparavant. Celui-ci démontre, pour une fois, de réelles capacités. Le jeune allemand, lui, n’a plus rien à prouver, et supporte sans mal la personnalité assez étrange de Lauda. D’une histoire extraordinaire, d’une dualité sur la route, Ron Howard transcende la réalité (vraies archives, fausses reconstitutions – un travail de titan) pour en sortir un vrai film épique, à grand spectacle. Le sport automobile compte de nombreux récits similaires, où les hommes se sont souvent surpassés au prix de quelques folies. En voici une en images, en attendant les autres… En résumé, on tient sans doute le premier vrai film de super-héros de l’année.

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03.09.2013, L'AUTEUR :
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