Paterson

19 mai 2016

Cannes 2016 / Compétition Officielle

On peut tout attendre de Jim Jarmusch, cinéaste expérimental et protéiforme. Le voir revenir à Cannes avec une ode à la vie, positive et pleine de charmes pourrait toutefois s’apparenter à une belle surprise, légère et pleine d’enseignements.

Lui est chauffeur de bus, poète à ses heures, transformant le quotidien en instants de création, de partage et de découvertes. Elle passe son temps dans leur maison, à chercher sa voie. Créatrice de cookies, décoratrice d’intérieur, chanteuse de country… Ils se posent finalement peu de questions, mais font de chaque jour de la semaine un moment unique. PATERSON est un petit cocon protégé où Adam Driver (loin de ses facéties dans les étoiles) et Golshifteh Farahani (lumineuse) jouent un spectacle à guichets fermés dont nous sommes les seuls spectateurs.

Jarmusch y est presque invisible, plaçant sa caméra dans les coins, observant la réaction du chien. Ode artistique, PATERSON ne s’impose pas, mais se laisse déguster avec plaisir, comme un petit plaisir sur grand écran. Le merveilleux se place dans ces instants consacrés à l’évasion, la création, l’idée que chacun d’entre nous peut trouver sa voie, même en ayant une activité classique à côté. En offrant un film à l’opposé graphique et narrative de son précédent ONLY LOVERS LEFT ALIVE, Jarmusch laisse supposer que l’expression personnelle et artistique peut venir décorer nos vies. On aime beaucoup.


19 mai 2016

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