Ôtez-moi d’un doute

8 septembre 2017

Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs en 2017, Ôtez-moi d’un doute est LA comédie française de ce festival de Cannes. Elle fait suite à Camille redouble, Guillaume et les garçons, à table, L’Effet aquatique, etc. et s’inscrit dans la tradition de la dramédie française intelligente mais efficace.

Alors que sa fille attend sont premier enfant d’un père inconnu, Erwan apprend que son père à lui n’est pas son père biologique et part en quête de ce dernier. Sur son chemin, il croise Anna mais va vite découvrir qu’elle est en fait sa demi-sœur. Commence alors un enchaînement de quiproquos parfaitement savoureux.

Les bonnes raisons de voir le film sont nombreuses et j’en développerai trois : le casting, le soin apporté au scénario et le plaisir qu’il procure.

Le casting est multi-générationnel constitué de trois générations de comédiens à savoir : André Wilms, Guy Marchand et Brigitte Rouan représentent l’ancienne génération, François Damiens et Cécile de France, la génération actuelle et enfin Alice de Lencquesaing et Esteban sont la jeune génération. Ce mélange crée une alchimie toute particulière. Chacun semble tenter de s’élever au niveau des plus expérimentés. Tous sont impeccablement dirigés.

Le scénario est particulièrement soigné et ce n’est pas si étonnant de la part de Carine Tardieu, scénariste de formation, qui pour ce film, a fait appel successivement à Michel Leclerc puis à Raphaëlle Moussafir. C’est digne de Marivaux ou de Molière en ce qui concerne les péripéties et retournements de situations. Ce qui frappe également ce sont les détails apportés aux personnages : plusieurs séquences s’attardent sur le métier de Erwan avec patience et curiosité, car son métier et la façon dont il le pratique en disent long sur lui.

Le film procure enfin un plaisir immense en forme de montagnes russes, il est drôle un instant, émouvant le suivant. Ce n’est pas étonnant quand on parle de la famille. D’ailleurs c’est la première fois en quatre films (deux courts et deux longs) que, chez Carine Tardieu, le père est au centre du récit et que la mère en est physiquement totalement absente.

Voici un très bon film français, intelligent mais pas prétentieux, capable de susciter éclats de rire et quelques larmes. On sort de la salle rempli de bons sentiments, dans le meilleur terme qu’il soit. Foncez les yeux fermés.

4 / 5

8 septembre 2017