Jackie

30 janvier 2017

Il en faut des réalisateurs doués pour les biopics, lorsqu’il s’agit de se tourner (à nouveau) vers la figure du XXe siècle que fut Jackie Kennedy. Veuve d’un président assassiné, femme d’une famille maudite, elle aura incarné une certaine classe de la société américaine avant de disparaître en 1994. L’as du film historique (et politique) Pablo Larrain semblait donc convenir pour ce film-portrait reposant sur les épaules d’une Natalie Portman elle-aussi de nouveau en grâce.

JACKIE transporte son auditoire au coeur de la tourmente, dans le noeud de cette tragédie frappant une femme, mais aussi une nation. De l’assassinat de JFK, on suit Jackie dans les heures suivantes, les jours ensuite. Chronologiquement déchiré, le film de Larrain ose les aller-retours, pose les questions, sans forcément y répondre. En face de nous, la survivante, la femme aussi qui doit dépasser, vagues après vagues, la perte de son mari, la pression politique, l’appel du peuple, le salut de ses enfants. Et comme la vie continue, elle avance malgré tout, en se raccrochant au choix à faire. Et nous, devant l’écran, la suivons avec attention.

Devant l’écran, c’est aussi Natalie Portman métamorphosé, prise par son sujet et qui offre quelque chose de largement plus convaincant que ses dernières prestations. Parfaite en femme de tête fragilisée par un contexte indescriptible, c’est sa sensibilité et sa force qui avancent en même temps, faisant de ce biopic inspiré plus qu’un portrait de femme, une histoire commune.

4 / 5

30 janvier 2017