Effets secondaires

Effets secondaires

Critique de Merry-Anne

Steven Soderbergh a annoncé récemment qu’il arrêtait le cinéma. Même s’il a déjà annoncé ce genre de choses, cette fois-ci, on peut le croire et c’est son distributeur en France qui nous l’a confirmé. Effets secondaires est son avant dernier projet avant Ma Vie avec Liberace, produit par HBO et sa seconde collaboration après The Informant! avec le scénariste Scott Z. Burns.

Emily Taylor est une jeune femme dépressive qui vit seule depuis que son mari est en prison. A sa sortie, elle tente de se suicider et se voit donc contrainte de consulter un psychiatre Jon Burns. Il lui prescrit un nouveau médicament et alors qu’elle a de drôles d’effets secondaires, la police la retrouve couverte de sang, son mari poignardé dans leur appartement. Emily ne se souvient de rien et la réputation de Burns est en jeu.

Le film est divisé en plusieurs parties. La première relève du drame personnel, la seconde de l’horreur, la troisième du thriller, la quatrième du drame social et la dernière du film de vengeance. Chacune d’elles glisse doucement vers la suivante et respecte les codes du genre. Mais la prouesse de Soderbergh est d’avoir fluidifié leur enchaînement au point qu’on ne se rend presque pas compte qu’il nous ballade. On suit cette histoire brillamment écrite et l’on va de surprises en surprises. Sa mise en scène est virtuose comme toujours et fourmille d’idées, visuelles et sonores. La musique nous donne un tour d’avance sur ce qu’il va se passer sans gâcher le plaisir d’un suspense qui ne lache pas le spectateur une seule seconde, même dans les instants les plus dramatiques.

Le film aborde les sujets de l’ascension sociale, du regard des autres, de la confiance en la médecine.

Jude Law avait déjà joué derrière la caméra de Soderbergh dans Contagion et l’on aurait pu croire à un autre film catastrophe. Il tient là l’un de ses meilleurs rôles. Channing Tatum et Catherine Zeta-Jones sont presque des habitués du cinéaste. Mais la star du film c’est Rooney Mara que l’on avait vu dans Millenium de Fincher. Elle joue la dépression et le reste avec une telle grâce et beaucoup de mystère.

Il sera malheureusement difficile d’en dire plus sans en dévoiler trop. Pour achever de vous convaincre de le découvrir, Soderbergh livre un très grand film hitchcockien, accessible à tous et en même temps très dense, distillant une mise en scène audacieuse comme souvent et traitant de sujets tous passionnants. Mon conseil, pensez à fermer la bouche de temps en temps, on ne sait jamais si une mouche volait dans la salle, elle pourrait atterrir dans votre bouche, bée d’admiration et de surprise.

Critique de Kynerion

Soderbergh est prolifique mais le plus remarquable est qu’il maintient une qualité générale à l’ensemble de ses films. C’est donc encore le cas avec Effets Secondaires, servi par un impeccable carré d’acteurs qui va nous emmener loin dans la suspicion, après qu’une jeune femme ait poignardé son mari, vraisemblablement sous l’emprise d’un traitement. Alors, effets secondaires ou non ? C’est la question qui va se poser tout le long du film, s’emmêler et finalement se démêler de manière parfaitement bien expliquée.

Effets Secondaires contient son lot de rebondissements et de réflexions sur la médecine et la psychanalyse, sans oublier les mentions pas toujours tendres envers l’industrie pharmaceutique (c’est devenu une habitude). De quoi offrir un excellent divertissement.

4.5 / 5

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