Je ne comprends toujours pas comment le jury du festival de Cannes présidé par Sean Penn a pu préférer Entre les murs (Palme d'Or - Cannes 2008) à ce chef d'oeuvre admirable qui confirme Clint Eastwood comme le dernier grand cinéaste classique en activité. Je subodore que la Palme attribuée quelques années plus tôt à Polanski pour Le Pianiste, autre oeuvre ample, élégante et maîtrisée d'un cinéaste en fin de carrière et au sommet de son art, a pu dissuader le jury de renouveler l'expérience. Et c'est bien dommage. A Cannes, certains ont critiqué le schématisme des situations, la lenteur du récit et le caractère impersonnel de l'ensemble. Cela me paraît une grave erreur de jugement.
"L'échange" est une histoire vraie. Le scénariste J. Michael Straczynski (excellent auteur de BD par ailleurs) a amassé une documentation considérable et ne s'est autorisé à travestir les faits qu'en supprimant le personnage de la mère du serial killer Gordon Northcott - laquelle sera finalement reconnue coupable par la justice du meurtre du petit Collins. Pour le reste, toutes les situations et personnages, aussi improbables qu'ils nous paraissent, sont fidèles à la réalité historique et, en particulier, les procès reproduisent souvent in extenso les déclarations des protagonistes de l'époque. Le sujet pouvait être traité de bien des manières et tout l'art de Straczynski et Eastwood est d'avoir su mêler des ingrédients divers et opposés dans un film qui semble couler de source. Le film emprunte au thriller, épouse largement les règles du mélodrame, est enfin une critique passionnée de l'arbitraire policier et de la corruption. Le choix d'avoir centré l'approche sur la mère du petit Collins permet à Eastwood de traiter l'histoire comme celle d'un drame humain et individuel avant tout ; le reste, tout le reste, apparaît petit à petit, dans le cadre d'une reconstitution d'époque admirablement maîtrisée mais sans que le cadre (le L.A. corrompu de la grande Dépression) n'étouffe le personnage central et son combat. Même si Eastwood n'a rejoint que tradivement le projet que devait réaliser Ron Howard (sic), on retrouve nombre de ses obsessions : les violences faites à l'enfance ( Mystic River), la grande dépression vue des yeux de jeunes garçons (Honkytonk Man ou Un monde parfait), le combat d'une femme contre la fatalité et les institutions masculines (Million Dollar Baby), la réflexion sur la peine capitale et plus largement sur les punitions à infliger aux hommes ayant commis le mal (thème qui revient dans quasiment tous ses films). Comme tous les héros eastwoodiens, Christine Collins ira jusqu'au bout de son combat, sans méconnaître les avanies qu'elle devra endurer - mais sans qu'elle puisse envisager une seconde le renoncement. Une éthique de l'action que celle de Clint.
Le film bénéficie d'une photographie extraordinaire et la mise en scène, faussement simple, sait admirablement jouer des contrastes : l'ampleur des plans séquences en extérieur s'oppose aux cadrages serrés des séquences d'enfermement ; la volonté de ne pas représenter les meurtres des enfants contraste avec la minutie de l'exécution de Northcott. Tous les seconds rôles sont admirablement campés mais j'avoue que la seule faiblesse du film réside dans le choix d'Angelina Jolie. Non qu'elle ne joue pas convenablement ce personnage (qui est un cadeau incroyable pour une actrice) mais son visage inhumain et le bagage qu'elle transporte avec elle (sa vie, son oeuvre) nous éloignent un peu de Christine Collins.
A vos mouchoirs !
L’Echange
Clint Eastwood signe un très bon film inspiré de fait réels. Quoiqu’un peu long (2h25), L’Echange se place fin des années 20 à Los Angeles et raconte l’histoire de Christine Collins dont le fils de 9 ans disparaît puis lui est retrouvé et ramené par la police. Sauf que ce n’est pas son fils, et malgré toutes ses protestations, la police va refuser de l’écouter…
Dans le rôle principal, Angelina Jolie, qui remplit parfaitement sa tâche, quoiqu’en diront les mauvaises langues sur son physique qui ne fait pas très “femme de Los Angeles dans les années 20″. Autre grand personnage : John Malkovich en pasteur, très remonté contre la police dont il connaît les méthodes douteuses et va trouver dans l’affaire de Christine Collins le moyen de faire éclater la vérité.
L’Echange permet aussi à Clint Eastwood de démontrer une fois de plus son talent, en racontant sans problème une histoire qui se déroule sur plus de deux ans et en installant avec brio les différentes phases de l’affaire, sans que l’on s’aperçoive d’une quelconque rupture temporelle.
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- avis n°2
- avis n°3
Quel film édifiant quand on sait que c'est basé sur histoire vraie !!!!
2010-07-13
Comme faire tourner une femme seule dans l'Amérique des années 30, complètement folle parce qu'elle a le malheur de chercher la vérité !!!
J'en suis encore retournée ...
Mais finalement, est-ce que tout a vraiment changé ? Ce film est de nouveau en pleine actualité !
Pour moi, c'est de loin le meilleur film de Clint Eastwood, bourré d'émotions, de dégoût et d'incompréhension, et quand même d'espoir !!! - avis n°4
En effet, et on a du mal à le croire, c'est bien une histoire vraie. Un film très réussi avec un scénario assez ahurissant: on ne s'ennuie pas une seconde et on n'en croit pas ses yeux.
2010-07-01 - avis n°5
J 'étais passé à côté de ce film à cause d'une incapacité à supporter son actrice principale.
2010-06-30
Finalement madame Jolie est plutôt bonne et le film est une bombe à retardement. Je suis pas spécialement émotif mais ce Clint m'a retourné au point de passer une nuit très compliquée...
Prolongez la lecture avec ces suggestions
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J'ai trouvé ce film très émouvant et on voit à quel point une mère peut aller pour sauver son enfant. Angelina est absolument fabuleuse dans ce rôle d'interprétation, on pourrait croire que c'est elle qui a vécu ce traumatisme.
2010-07-30