Blade Runner 2049, hommage trop sage pour Denis Villeneuve

Blade Runner 2049

🕘 8 octobre 2017

Suite longtemps fantasmée, BLADE RUNNER 2 a finalement vu le jour en 2017 sous la direction du réalisateur canadien Denis Villeneuve, auteur parmi les plus en vus du moment (INCENDIE, PRISONERS, SICARIO, PREMIER CONTACT). Et ce retour au pays de Deckard est un gros pari : survivre à une oeuvre culte.

En 2049, l’ambiance est plutôt morose. Les blade runner dont l’agent K (Ryan Gosling), replicant d’une nouvelle génération « obéissante », continuent d’oeuvrer à la chasse aux androïdes sous un ciel bien terne. Dérèglement climatique accéléré, Californie en ruine… Villeneuve (et son chef opérateur Roger Deakins) en profite pour magnifier des décors épurés & désespérés, où l’humanité s’est oubliée. K remonte la piste d’une replicante décédée, qui le mène jusqu’à un ancien blade runner désormais isolé du monde…

Cette séquelle s’avère visuellement sublime, voire hypnotisante. Les paysages et décors se succèdent, autant d’environnements comme des possibilités pour Villeneuve et Deakins de décliner leur univers futuriste avec minutie, celui d’une perspective déprimée pas si lointaine de nous. L’oeil rivé sur le film d’origine, et l’influence forte de Philip K. Dick, Villeneuve manipule ses marionnettes avec tact, livrant un film de 2h40 dépossédé de tous les stigmates modernes. Pas de scènes d’action grandiloquente, pas d’effusion inutile. En restant sur le registre de l’enquête et de la recherche de soi, Villeneuve propose une relecture du roman, celui qui cherchait à savoir si les androïdes rêvaient.

Et finalement c’est le piège qui limite ce deuxième film. Celui d’un long récit fidèle en tous points aux thématiques précédentes, qui s’applique avec soin à rendre une copie presque parfaite. Fascinant en tous points, BLADE RUNNER 2049 manquera certainement de surprises et de volonté à bousculer les codes établis par Ridley Scott. En imaginant un deuxième futur à Deckard, Villeneuve livre un film complexe et magnifique, qui n’atteint pas l’universalité du précédent.

3.5 / 5

🕘 8 octobre 2017