Welcome to OnlikeUn vilain monstre (et ses petits copains) détruit Manhattan. Une bande de jeunes filme son périple pour secourir une amie tout en évitant de mourir. Cela donne Cloverfield, un long-métrage (pas très long non plus) tourné entièrement en caméra au poing, façon amateur, très amateur même… trop amateur ?

Car il faut avoir l’estomac bien accroché pour supporter la façon dont est filmée l’aventure. Certes, cela donne un côté plus réaliste (quoique, le jeu d’acteur reste le même, et on ne peut pas grand-chose pour y remédier), mais parfois on a simplement envie d’assimiler correctement l’histoire, sans avoir à pencher la tête (véridique). L’aspect “Blair Witch” de la réalisation ne colle pas forcément avec le film catastrophe qu’est censé être Cloverfield. Seulement, en l’état actuel, c’est le seul élément qui différencie Cloverfield d’un bon vieux Godzilla et, c’est peut-être triste à dire, mais le gros lézard a son côté spectaculaire pour lui et ça le rend presque attachant. Car la bête de Cloverfield est à ranger au registre des nombreuses choses inexplicables et qui resteront inexpliquées dans le film.
Si vous comptiez voir Cloverfield pour masquer votre attrait envers les gros blockbusters catastrophes sous couvert d’une réalisation décalée, laissez tomber, et assumez un peu. ;)

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Warner Bros avait passé quelques années à l’ombre après l’échec ( amplement justifié ) du Batman & Robin de Joel Schumacher. Les rumeurs les plus folles avaient courues sur la relance de la franchise : Darren Aronofsky, Clint Eastwood devaient tour à tour reprendre le Cape Crusader pour en faire des versions plus adultes. Fini le temps du grotesque et du cirque institué intelligemment par Burton ( très sombre ) mais maladroitement repris par Schumacher qui a transformé Batman en drag queen flashy au costume moule burnes. Bref, tout n’était pas à jeter dans Batman Forever, mais le quatrième avait ravagé Gotham devenu une cité baroque aux architectures irréalistes. Un fantasme finalement trop grand guignolesque pour rendre hommage à un héros finalement torturé et sombre. Burton y avait apposé sa patte, Christopher Nolan se contente de reprendre le personnage issu des comics dans une version sobre et élégante. Du Vingt et Unième siècle dans toute sa splendeur, en somme..
Batman Begins reprend donc tout à zéro. Bruce Wayne vit dans le traumatisme de ses parents assassinés, et cherche une rédemption dans l’accomplissement d’un devoir de mémoire qu’il doit à son père. En cela, Gotham City incarne toute sa vie ; splendeur des temps anciens, et décadence de la modernité. A une citée gangréné par la pègre et la corruption, le “fils de” décide de se consacrer à son rétablissement. Ce qui passe par un chemin de croix que le premier films de Nolan aura maladroitement décrit, entre façonnement d’un héros face à des adversaires extérieurs, et construction du mythe Batman. Avec le recul, si on peut reconnaître des faiblesses au script, c’est surtout l’occasion que se donne le réalisateur de se construire un prologue à son Batman. Un justicier obscur, roi de la nuit, qui pourchasse les criminels et les caïds de la ville pour expurger Gotham de sa vermine. Pas de superhéros ici, ni de superméchant. Juste les représentations du Bien et du Mal sous leur forme les plus communes, et un “Vigilante” qui se donne pour mission de nettoyer tout cela. Une charge personnelle pour Bruce, issue de son traumatisme, et qui incarne la seule façon pour lui d’anéantir ses propres démons : guérir la ville sera son salut.

En cela, on découvre un Batman moins grandiloquent, guidé par des règles très précises, et en constant équilibre sur le fil ténu de la justice. On découvre dès les premières minutes du Dark Knight ce rôle de gardien de Gotham. Pourchassant un Epouvantail devenu revendeur de drogues, le Batman est un mythe pour les citoyens de Gotham City ; tantôt légende, tantôt réel, il disparaît et réapparaît tel un fantôme. Régulant le crime, il lutte constamment contre la pègre et la mafia. Son combat n’étant pas aveugle, il se découvre un alter aego diurne en la personne d’Harvey Dent, le nouveau procureur de la ville ( appelé le “chevalier blanc” pour son combat contre la mafia ). Et pensant son rôle terminé, Bruce est prêt à rendre les armes. On quitte ici le mode superhéros pour se rapprocher des films de justiciers plus classique ; pas question de combattre pour la gloire ou la reconnaissance, Batman en deviendrait presque un fonctionnaire de la Justice, en semi retraite dès qu’un remplaçant potentiel se fait jour. Le deuxième film de Christopher Nolan exploite donc cette dualité, entre un vigilant nocturne et son futur remplaçant, au visage public, qu’un certain milliardaire va tout faire pour placer sur un piedestal afin de sauver la ville.. jusqu’à l’arrivée d’un certain Joker.
Le Joker n’est pas un bouffon de première catégorie. Les frères Nolan le replacent dans le même contexte comme un anarchiste ultime, véritablement sans foi ni loi. Comme le souligne Alfred, il n’y a pas ici de règles à respecter, ou de contre mesure assez efficace pour le freiner. La lutte que mène dès lors le Cape Crusader pour arrêter son arch nemesis sera sans fin. Et va même au delà ; comme le souligne le personnage sublimement interprété par feu Heath Ledger, Le Joker et Batman s’équilibrent. L’un cherche le chaos, l’autre la paix. Le premier sème la terreur et l’anarchie là où le deuxième tente justement de les anéantir. Blanc et Noir, Yin et Yang. Pas de question d’honneur ou d’argent ici, seul compte les faits. On ne saura d’ailleurs jamais vraiment qui, quoi, comment est le Joker. Finalement il n’est que le symbole une nouvelle fois de Gotham City, là où Batman est l’espoir d’un avenir meilleur. Ils ne sont pas en soi les solutions au problème de la ville, mais des éléments de sa possible résurrection. D’ailleurs Bruce Wayne mise tout sur son éventuel remplaçant, mais ce dernier se voit berner par les plans diaboliques du Joker et tombera du mauvais côté pour devenir un être aux ambitions et aux desseins ambigus ; Double Face.
The Dark Knight parle beaucoup d’espoir, de chance et de rédemption. Ses personnages portent le poids de leurs erreurs et de leurs gestes. Le film nous plonge au final dans un monde très réel, et dans un tournant très post 9-11 essaie de démontrer que l’avenir peut être meilleur. C’est d’ailleurs une pointe d’optimisme qui clôt la dernière grande séquence du film avant un final plus succinct sur Double Face. Une mise en scène entre deux groupes d’individus ( des citoyens lambdas et des prisonniers en transfert ) qui démontre un peu ironiquement que Gotham va vers un avenir plus rose.. Même si la scène est maladroite, l’idée est bien là. Et si le Dark Knight un peu amer voit le poids de son combat lui resté sur les épaules, c’est sans hésiter qu’il repart au combat. Encore plus sombre et torturé qu’avant, mais à part lui qui peut donc représenter l’espoir de Gotham??

The Dark Knight n’est pas un film parfait, loin de là, mais est un grand film dans tout ce qu’il représente. Si on peut y trouver bon nombres de petits défauts, toutes ses qualités les rattrapent. Épopée tortueuse nous entraînant dans les bas fonds d’un monde pourri jusqu’à l’os, le salut ne peut venir que d’un homme qui ne vit plus que pour apaiser son besoin de justice. Une quête jusqu’au boutiste, solitaire, qui l’amènera à se confronter à ses démons et ceux d’une ville sans règles ni limites qui s’incarne ici dans un personnage incarnant à lui seul le Chaos. Avec le risque de tomber au niveau du Joker, Batman pourra t-il continuer à rester en dehors des eaux troubles de Gotham?
A coup sûr le film de l’année!
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Je ne suis pas d’accord. Moi j’ai trouvé que l’utilisation de la “caméra à l’épaule” était ici très justifiée par rapport à l’histoire et au point de vue par lequel elle est racontée. Elle est de plus très bien exploitée (les zapp sur le contenu d’origine de la cassette lorsque l’enregistrement est stoppé, le fait qu’elle tombe parfois, qu’elle se salisse etc. même si j’avoue que j’ai été bizarrement surprise de la fin).
Bref, elle embarque le spectateur, je n’irais pas jusqu’à dire qu’on se croirait dans l’action, ca serait un poil trop mais comme tu le dis, le film serait presque un banal (bon mais banal) film de monstre catastrophe sans ce traitement là, et je pense que ce n’est pas ici l’idée première (faire un film catastrophe avec un monstre qui casse tout je veux dire).
Juste un truc que j’admet aisément : torche surpuissante, vision nocturne, capacité de la batterie impressionnante et cassette (car apparemment s’en est une) d’une longueur étonnante… sans compter sa resistante aux coups, parasites et explosions en tout genre… cette caméra c’est supercaméra :)
Après coté histoire / jeu des acteurs / réalisme etc, chacun ses gouts, mais je pense vraiment que le choix du réalisateur n’est pas à mettre en cause sur ce point.
28 janvier 2008, 16:34 (#1) par -drineOn parlera plutôt de caméra au poing plutôt que de camera à l’épaule ;o)
28 janvier 2008, 17:12 (#2) par Mox FolderC’est corrigé. Il y a effectivement une nuance. L’épaule c’est un peu plus stable. ;)
28 janvier 2008, 17:33 (#3) par Kynerion” torche surpuissante, vision nocturne, capacité de la batterie impressionnante et cassette (car apparemment c’en est une) d’une longueur étonnante…”
pas si étonnant que ça : c’est une des raisons essentielles pour lesquelles le film ne fait QUE 1h15 (générique de fin compris).
Pour le reste, avoir osé faire un film de monstre en le tournant en mode cinéma vérité (et donc avec tous les codes cinématographiques de la Nouvelle Vague : vue subjective, longs plans séquence, bruit de fond remplaçant la musique, aucun contre-champ, montage cut (et même truffé de “jump-cuts” : chapeau !
29 janvier 2008, 1:34 (#4) par johannisEn gros, un Godzilla qu’aurait filmé Godard (au lieu de s’attacher bêtement aux Rolling Stones, autres monstres de l’époque).
Pour redevenir sérieux, l’autre attrait du film est que pour la première fois sans doute dans l’histoire de ce média, le film est traité comme le sont aujourd’hui les jeux vidéo : il fonctionne AVEC son univers annexe (buzz, faux sites web, fausses vidéos, faux blogs, vrai faux merchandising (les indices glissés dans le paquet lorsqu’on commande un t-shirt ou une casquette slusho…)
Pas besoin d’attendre un éventuel Cloverfield 2 pour avoir déjà quantité d’informations et de renseignements qui donnent de la cohérence et de la crédibilité à cet univers dont le film-extrait-vidéo-trouvé-dans-un-champ-de-ruines ne dévoile DELIBEREMENT qu’un aspect extrêmement partiel.
Et ça, ce genre d’ellipse à grande échelle, aucun film de monstre jusqu’ici n’était parvenu à le faire.
Bon, assez causé, ça donne soif, je vais me reprendre une canette de slusho (je ne suis pas encore arrivé à six… veine pour moi) °-)