Welcome to OnlikeAllez, on ressort des cartons, tel un livre poussiéreux, les écrits qui ont relaté ce grand moment de cinéma que fut la trilogie du Seigneur des Anneaux, et plus précisément son troisième et dernier volet.

Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi (critique de Kynerion)
Rares, rarissimes sont les trilogies (oui je sais, c’est un seul film en 3 parties, mais ça reste trilogique) qui vont en s’améliorant. Si La Communauté de L’Anneau était très bon, Les Deux Tours excellent, Le Retour du Roi est grandiose.
Long, mais que c’est bon! Des combats fantastiques, des frissons qui vous parcourent, une musique envoûtante, des personnages remarquables (mais inégaux, j’y reviens)… L’histoire, avez-vous besoin de la connaître? Frodon, Sam et Gollum sont de leur cûté vers la montagne du destin. Les autres préparent une guerre où l’espoir demeure mince. Mais grâce à une alliance originale, les forces s’équilibrent…
Cûté ambiance, la Nouvelle-Zélande, c’est beau. Décors sublimes. Effets spéciaux qui se fondent parfaitement (sauf des fois; mais l’aspect grossier est-il fait exprès par Peter Jackson?)
Allez, deux petites remarques négatives: Légolas, inepte (et inapte) niveau dialogues, largement dépassé par Gimli. Et puis Arwen : Liv Tyler a-t-elle couché avec la production pour apparaître 2ème au générique de fin derrière Frodon mais devant Aragorn et tous les autres!!!!
Voilà, c’étaient les maigres points négatifs. Je ne peux pas faire pire.
La trilogie du Seigneur des Anneaux vue en 3 avant-premières au cinéma, au fil des ans; et bien dans plusieurs années vous aurez de quoi être fier quand vous le raconterez à votre descendance qui n’aura pas connu ce moment historique, soyez-en sûrs.
LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : LE RETOUR DU ROI ***** (critique de Mg)
Peter Jackson a réussi un pari insensé, l’adaptation inadaptable du Seigneur des Anneaux. Et à peine a t-on eu le temps de voir la Communauté en 2001, les Deux Tours l’an passé, que s’achève déjà l’une des plus magnifiques trilogies du cinéma, si ce n’est l’unique…
Pourtant tout tourne autour de ce petit anneau, si frêle au premier abord, et pourtant si attirant. On assiste ici à l’entrée du trio Frodon-Sam-Gollum en Mordor, avec son lot de mésaventures : Arachné, les Orcs, et surtout la possession de l’Anneau sur Frodon. En parallèle on suit les armées humaines rassemblées dans la cité blanche du Gondor contrant les forces de Sauron, puis allant à son encontre dans l’espoir de le détourner de la quête de destruction.
Les reconstitutions sont tout simplement somptueuses : les décors, et surtout les mouvements d’armée sont inimaginables. Des milliers de fantassins, des oliphants, des trolls, des chevaliers… Toute une multitude de guerriers au service de l’image qui nous transportent littéralement en Terre du Milieu. L’entreprise était gigantesque : Peter Jackson l’a faite. Les décors sont d’une minutie incroyable, imaginez donc que ce que l’on voit à l’écran ne sont que des maquettes ! Les costumes font ressortir les diverses influences médiévales si chères à Tolkien, et les maquillages ont du être le terrain de jeu de Jackson, qui s’amuse à les filmer au plus près.
Gore et affreusement méchants, les Orcs et leurs alliés font peur, et ce troisième épisode ne lésine pas sur le réalisme : des têtes tranchées, une immolation… On oublie quelque peu le coté insouciant du début de la Communauté, pour tomber au plus bas. En cela, Frodon sombre littéralement dans le pouvoir hypnotique de l’Anneau. Une drogue dont il n’arrive pas à se défaire. Seule une maladresse de Sméagol/Gollum (dont l’origine nous est contée en ouverture) clût l’histoire… pour sa première partie du moins. Gollum qui renvoie au néant les autres créatures numériques, tant Andy Serkis que les animateurs ont réussi à rendre réel ce personnage. Plus en émotion qu’à l’image, le travail de l’acteur ayant été exemplaire. Gollum qui au final sera l’instrument de sa propre perte.
Les acteurs on les connait, et il y a ici peu d’évolution, si ce n’est le fameux Roi du titre. Viggo Mortensen insuffle au personnage une force incroyable, à défaut de charisme : à l’instar d’Aragorn, le statut de roi ne lui convient peut-être pas… Le casting suit, et à l’heure du combat final tous endossent l’armure, des Hobbits à Eowyn. Les plus grandes performances sont sans doute à mettre au crédit d’Elijah Wood et Sean Astin, qui nous font suivre leur ballade en Mordor tout en émotion et en souffrance. A l’inverse le final, respectueux du livre, offre son lot d’émotions. J’avoue, j’étais ému. Mais déjà à la lecture du bouquin alors… cela montre que l’intensité est la même !
Les combats sont titanesques. Voir des milliers de combattants s’affronter sans voir le trucage est merveilleux : espérons que cela rejaillira sur les prochains films. Et Jackson ne se contente pas d’Orcs et d’Humains : plusieurs espèces se rencontrent, les alliés sont multiples et les origines diverses. A ce titre, on croise des Trolls tout en force, des Oliphants de la taille d’un navire, des morts-vivants très pratiques, et des Nazguls effrayants à souhait. D’autre part, l’histoire très peu remaniée par rapport au livre, nous offre trois batailles. La perte d’Osgiliath, peine perdue, pour ensuite se livrer à l’assaut de la cité blanche, et enfin la tentative de diversion devant les portes noires. Le tout dans une ambiance très défaitiste et morose : la victoire est impossible etc… Sauf pour les Hobbits. Le final nous offre le départ de Bilbon et Frodon avec les Elfes et Gandalf, quelques années plus tard. Seul Sam reste dans la Comtée, auprès de sa famille. La vraie victoire n’est peut-être pas celle qu’ils croyaient.
Quelques défauts ponctuent le film. Mais il serait insolent d’en parler ici : le Seigneur des Anneaux est une grande réussite, un pari réussi par un barbu néo-zélandais. Tout en démesure, ce dernier épisode est “royal”, là où le premier suivait une communauté de héros, et le deuxième la défense du Rohan. Des épisodes moins complets que celui-ci, mais après tout les trois forment un tout, un seul : l’Unique. D’ailleurs, on a droit à un vrai générique (où Liv Tyler apparait dans les tout premiers, devant Viggo Mortensen !! ..!!), après des dernières minutes en forme d’adieu. Adieu pas si concret, puisque Peter Jackson parle déjà de Bilbo le Hobbit après son King Kong…
Christopher Lee, Elijah Wood, Ian Holm, Ian McKellen, Le Seigneur des Anneaux, Orlando Bloom, Peter Jackson, Sean Bean, Viggo Mortensen

Warner Bros avait passé quelques années à l’ombre après l’échec ( amplement justifié ) du Batman & Robin de Joel Schumacher. Les rumeurs les plus folles avaient courues sur la relance de la franchise : Darren Aronofsky, Clint Eastwood devaient tour à tour reprendre le Cape Crusader pour en faire des versions plus adultes. Fini le temps du grotesque et du cirque institué intelligemment par Burton ( très sombre ) mais maladroitement repris par Schumacher qui a transformé Batman en drag queen flashy au costume moule burnes. Bref, tout n’était pas à jeter dans Batman Forever, mais le quatrième avait ravagé Gotham devenu une cité baroque aux architectures irréalistes. Un fantasme finalement trop grand guignolesque pour rendre hommage à un héros finalement torturé et sombre. Burton y avait apposé sa patte, Christopher Nolan se contente de reprendre le personnage issu des comics dans une version sobre et élégante. Du Vingt et Unième siècle dans toute sa splendeur, en somme..
Batman Begins reprend donc tout à zéro. Bruce Wayne vit dans le traumatisme de ses parents assassinés, et cherche une rédemption dans l’accomplissement d’un devoir de mémoire qu’il doit à son père. En cela, Gotham City incarne toute sa vie ; splendeur des temps anciens, et décadence de la modernité. A une citée gangréné par la pègre et la corruption, le “fils de” décide de se consacrer à son rétablissement. Ce qui passe par un chemin de croix que le premier films de Nolan aura maladroitement décrit, entre façonnement d’un héros face à des adversaires extérieurs, et construction du mythe Batman. Avec le recul, si on peut reconnaître des faiblesses au script, c’est surtout l’occasion que se donne le réalisateur de se construire un prologue à son Batman. Un justicier obscur, roi de la nuit, qui pourchasse les criminels et les caïds de la ville pour expurger Gotham de sa vermine. Pas de superhéros ici, ni de superméchant. Juste les représentations du Bien et du Mal sous leur forme les plus communes, et un “Vigilante” qui se donne pour mission de nettoyer tout cela. Une charge personnelle pour Bruce, issue de son traumatisme, et qui incarne la seule façon pour lui d’anéantir ses propres démons : guérir la ville sera son salut.

En cela, on découvre un Batman moins grandiloquent, guidé par des règles très précises, et en constant équilibre sur le fil ténu de la justice. On découvre dès les premières minutes du Dark Knight ce rôle de gardien de Gotham. Pourchassant un Epouvantail devenu revendeur de drogues, le Batman est un mythe pour les citoyens de Gotham City ; tantôt légende, tantôt réel, il disparaît et réapparaît tel un fantôme. Régulant le crime, il lutte constamment contre la pègre et la mafia. Son combat n’étant pas aveugle, il se découvre un alter aego diurne en la personne d’Harvey Dent, le nouveau procureur de la ville ( appelé le “chevalier blanc” pour son combat contre la mafia ). Et pensant son rôle terminé, Bruce est prêt à rendre les armes. On quitte ici le mode superhéros pour se rapprocher des films de justiciers plus classique ; pas question de combattre pour la gloire ou la reconnaissance, Batman en deviendrait presque un fonctionnaire de la Justice, en semi retraite dès qu’un remplaçant potentiel se fait jour. Le deuxième film de Christopher Nolan exploite donc cette dualité, entre un vigilant nocturne et son futur remplaçant, au visage public, qu’un certain milliardaire va tout faire pour placer sur un piedestal afin de sauver la ville.. jusqu’à l’arrivée d’un certain Joker.
Le Joker n’est pas un bouffon de première catégorie. Les frères Nolan le replacent dans le même contexte comme un anarchiste ultime, véritablement sans foi ni loi. Comme le souligne Alfred, il n’y a pas ici de règles à respecter, ou de contre mesure assez efficace pour le freiner. La lutte que mène dès lors le Cape Crusader pour arrêter son arch nemesis sera sans fin. Et va même au delà ; comme le souligne le personnage sublimement interprété par feu Heath Ledger, Le Joker et Batman s’équilibrent. L’un cherche le chaos, l’autre la paix. Le premier sème la terreur et l’anarchie là où le deuxième tente justement de les anéantir. Blanc et Noir, Yin et Yang. Pas de question d’honneur ou d’argent ici, seul compte les faits. On ne saura d’ailleurs jamais vraiment qui, quoi, comment est le Joker. Finalement il n’est que le symbole une nouvelle fois de Gotham City, là où Batman est l’espoir d’un avenir meilleur. Ils ne sont pas en soi les solutions au problème de la ville, mais des éléments de sa possible résurrection. D’ailleurs Bruce Wayne mise tout sur son éventuel remplaçant, mais ce dernier se voit berner par les plans diaboliques du Joker et tombera du mauvais côté pour devenir un être aux ambitions et aux desseins ambigus ; Double Face.
The Dark Knight parle beaucoup d’espoir, de chance et de rédemption. Ses personnages portent le poids de leurs erreurs et de leurs gestes. Le film nous plonge au final dans un monde très réel, et dans un tournant très post 9-11 essaie de démontrer que l’avenir peut être meilleur. C’est d’ailleurs une pointe d’optimisme qui clôt la dernière grande séquence du film avant un final plus succinct sur Double Face. Une mise en scène entre deux groupes d’individus ( des citoyens lambdas et des prisonniers en transfert ) qui démontre un peu ironiquement que Gotham va vers un avenir plus rose.. Même si la scène est maladroite, l’idée est bien là. Et si le Dark Knight un peu amer voit le poids de son combat lui resté sur les épaules, c’est sans hésiter qu’il repart au combat. Encore plus sombre et torturé qu’avant, mais à part lui qui peut donc représenter l’espoir de Gotham??

The Dark Knight n’est pas un film parfait, loin de là, mais est un grand film dans tout ce qu’il représente. Si on peut y trouver bon nombres de petits défauts, toutes ses qualités les rattrapent. Épopée tortueuse nous entraînant dans les bas fonds d’un monde pourri jusqu’à l’os, le salut ne peut venir que d’un homme qui ne vit plus que pour apaiser son besoin de justice. Une quête jusqu’au boutiste, solitaire, qui l’amènera à se confronter à ses démons et ceux d’une ville sans règles ni limites qui s’incarne ici dans un personnage incarnant à lui seul le Chaos. Avec le risque de tomber au niveau du Joker, Batman pourra t-il continuer à rester en dehors des eaux troubles de Gotham?
A coup sûr le film de l’année!
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