Mon premier festival - Jours 4 & 5

Mon premier festival – Jours 4 & 5

🕘 20 mai 2013

Samedi a été synonyme de pluie et de lever tôt pour découvrir ma plus grosse attente de ce festival, Jimmy P. d’Arnaud Desplechin, un réalisateur qui me touche toujours là où je ne l’attends pas. Après le film de la compétition officielle, je quitte quelques heures la frénésie cannoise pour un déjeuner en famille. Retour à Cannes pour Grand Central présenté dans la sélection Un Certain Regard et la pluie est toujours là.

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Mais en route, j’achète des chaussettes et anticipe déjà que dans deux heures je serai les pieds au sec. Dans ces conditions, une fois dans le théâtre, aucune pudeur, j’enlève mes chaussures et mes chaussettes trempées et enfile deux paires de chaussettes sèches.

Je repasse par la maison pour écrire, me sécher, manger un bout et me changer. Ce soir je suis invitée à deux soirées, celle de Cinéday et celle du film Jimmy P. toutes deux sur les plages. J’ai mis un beau pantalon, un top rouge en soie, ma veste noire scintillante (avec son fameux badge Bob l’éponge) et mes tongs. Les baskets sont trempées et pas question de ruiner mes escarpins et mes pieds en marchant 20 minutes sous une pluie battante. Je retrouve un twittos à l’entrée de la soirée Jimmy P. Mais elle n’ouvre qu’à 23heures. La pluie devient torrentielle. Et je tente alors la soirée Cinéday, Oh zut, j’avais chaussé mes escarpins, ils sont pleins de flotte. On me refuse l’entrée en prétextant que c’est plein. Le videur s’imagine que je vais attendre sous la pluie. Ah Ah Ah ! Ni une, ni deux, j’appelle un pote déjà sur place pour lui demander de venir à ma rescousse. Et hop, je rentre comme par magie. Et en plus c’est open bar Champagne ! J’y croise pas mal de pros avec qui j’ai travaillé. La soirée est cool, on parle de cinéma, on danse, on s’enivre gentiment.

Fin de soirée à 2h comme sur toutes les plages, je n’ai finalement pas mis les pieds dans l’autre soirée. Je croiserai Desplechin quand il sera président du jury lors d’un prochain festival. Pas de taxi en vue, c’est donc à pieds mouillés dans mes tongs que je rentre chez moi pour une nuit de sommeil courte. Le premier film du lendemain devait être à 9h. Impossible de m’y rendre sachant que je m’endors si facilement au cinéma. Ma stratégie : en sacrifiant certains films du matin, je tente de préserver la vision de ceux d’après. Et pour l’instant ça marche.

Le dernier jour, le soleil est là et mes baskets ne sont toujours pas sèchent. En nus-pieds, je commence par un film de la Quinzaine, Tip Top. Une petite comédie dans ma programmation est bienvenue. Je ris mais somnole un peu. J’ai dû atteindre une limite physique. Encore un effort, il ne me reste plus qu’un film. Un dernier film que je veux déguster. Je croise les gars d’Après la séance, direction la Terrazza Martini. On discute brièvement, ils s’apprêtent à tourner leur prochaine quotidienne. Mais le temps file, il ne me reste plus qu’1 heure et demi pour faire la queue du dernier film. Je les abandonne un peu déçue de ne pas pouvoir les voir bosser. La file des Amants du Texas a bien commencé. Une centaine de personnes devant moi dans la file, mais aussi toute la presse qui viendra comme d’habitude au dernier moment. Finalement, je ne rentre pas. Mais je refuse de terminer sur un échec. Alors je cours à l’autre bout de la croisette pour voir un film dont je ne sais pas grand-chose dans la sélection Un Certain Regard, L’Image manquante de Rithy Panh.

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Une heure d’attente plus tard, on entre dans la salle et Thierry Frémaux himself nous présente l’équipe du film. Le documentaire commence. Et les larmes coulent vite. Peut-être est-ce la fatigue ? Peut-être est-ce le film ? On dira les deux, et même que la fatigue a simplement exacerbé mes émotions. Je suis bouleversée par le film et mon premier festival s’arrête là, avec une merveilleuse standing ovation. J’ai adoré vivre cela et je rentre le cœur et la tête pleine d’émotion et de souvenirs.


🕘 20 mai 2013